Oui au Manifeste pour la démocratisation de l’Europe !

Les élections européennes apparaissent aujourd’hui préemptées par ceux qui veulent entretenir le soi-disant clivage « populistes contre progressistes ». En jouant de cet antagonisme et des peurs qu’il engendre, ils estompent les réels défis pour l’avenir de l’Europe et des Européens. Pourtant, il y a urgence. La gouvernance de la zone Euro ? Aucune convergence budgétaire ou fiscale n’est durablement possible sans contrôle démocratique direct. La surveillance des frontières, la politique d’asile ou migratoire ? Même chose. Et, sur cette question, ce n’est pas la crainte de voir des peurs, des lâchetés, des pulsions identitaires et des idées xénophobes se propager qui doit nous conduire à éviter la confrontation politique avec cette peste. Bien au contraire.

Démocratiser l’Europe, c’est offrir aux Européens la possibilité de maitriser leur avenir, leurs choix de vie, dans un monde où plusieurs pôles de puissance émergent. Ne doutons pas que ces puissances orienteront le futur sans nous, si nous choisissons d’être divisés. La réponse nationaliste est une régression, une illusion, un abandon par l’Europe de sa force commune, de sa souveraineté. Face à cela, il faut que les citoyens européens puissent choisir et contrôler les politiques mises en œuvre et qui les concernent. Les institutions européennes actuelles ne le permettent pas. Elles sont structurées autour de processus intergouvernementaux qui relèvent plus de compromis que de choix politiques choisis, assumés et compris par les Européens. C’était logique il y a 26 ans, quand, dans la foulée de la réunification allemande, par le Traîté de Maastricht, la monnaie unique européenne fut dessinée et la citoyenneté européenne établie. Aujourd’hui, nous en avons trop fait ensemble pour ne pas faire évoluer cette gouvernance. Nous percevons chaque jour davantage les blocages et les incohérences liés à ce fonctionnement et cela renforce les nationalismes. La gouvernance de l’Europe n’a pas évolué en proportion de l’importante croissance des politiques communes, des solidarités nouvelles qui se créaient. Ce décalage, de plus en plus sensible, est maintenant perçu comme une atteinte à la souveraineté des peuples. Ce sentiment est si fort que c’est ce qui a été construit ensemble qui est, en cet instant, fragilisé.

Maintenir la fiction de la poursuite de la construction européenne sur l’oxymore « Fédération d’Etats-nations » n’est plus possible…. C’est pourtant la proposition, supposée être favorable à la construction européenne, que s’acharnent encore à porter la plupart des chefs d’Etat et de Gouvernement européens. Et Emmanuel Macron n’échappe pas à cette règle, bien au contraire.

Le « Manifeste pour la démocratisation de l’Europe » ouvre un chemin possible pour un nouvel horizon. L’Assemblée européenne proposée n’est pas une attaque contre le Parlement européen, mais le moyen d’avancer vers de nouvelles politiques communes et plus solidaires. Elle vise à mieux impliquer celles et ceux qui, parlementaires nationaux, votent et contrôlent des politiques nationales que la cohérence et l’efficacité devraient conduire demain à devenir des politiques européennes.

Bien entendu tout n’est pas dit dans ce texte sur les politiques à communautariser grâce à cette démocratisation, sur les interactions du nouveau budget avec celui de l’Union européenne et les contributions nationales à celui-ci, sur l’Union bancaire et les garanties de dépôt, sur la nature de l’exécutif…. Tout ceci est soumis à débat. C’est aussi un texte qui n’oublie pas que « L’Europe à plusieurs vitesses » ne saurait être un objectif, mais juste un outil d’expérimentation et de progression lorsque certains partenaires sont sceptiques.

Démocratiser l’Europe au moment où les réseaux sociaux, la capacité de chacun de s’adresser à tous, remettent en cause le fonctionnement traditionnel des démocraties représentatives est une gageure, car celles-ci sont toutes en crise. C’est pourtant la voie à suivre, car il n’est pas possible d’attendre. C’est notre responsabilité, en tant qu’Européen. Dans ce modèle à inventer, deux convictions :

  • (1) La démocratie doit rester représentative, car le contrôle de l’Etat, de son fonctionnement, la mise en œuvre des politiques choisies ne sont  pas possible de manière exclusivement directe. Malheureusement, les évolutions constatées ces dernières années au titre de la « modernisation de la vie politique » ont souvent engendré une perte de capacité par les élus d’être en mesure de contrôler l’administration, rendant le risque d’une « technocrature » de plus en plus présent ;
  • (2) Elus et citoyens doivent converger dans leurs responsabilités. Les premiers ne sauraient oublier qu’ils sont d’abord des citoyens avec des devoirs en plus ; les seconds, s’écarter de la tentation d’avoir un comportement de « trolls » et se penser aussi responsables et collectifs que les élus devraient l’être. Rénover la démocratie représentative ce n’est pas twitter, dépendre à chaque instant des réseaux sociaux, mais penser l’engagement politique différemment, sur le long terme.

L’Europe mérite cet engagement.

Pour signer vous aussi ce manifeste, cliquez ici.

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