Après mon déplacement à Tbilissi les 25 et 26 mai 2018

C’est avec plaisir que j’ai répondu à l’invitation de Vaja Tskhovrebachvili, afin de participer au 20ème anniversaire de l’Ecole française Marie-Brosset de Tbilissi. J’avais découvert cette école lors d’un déplacement en Géorgie en 2008 et avais trouvé impressionnante la volonté de son directeur fondateur d’offrir à Tbilissi une possibilité d’étudier selon les programmes français, malgré les difficultés rencontrées dans le pays et sans aucune aide de l’AEFE. Depuis, l’intérêt pour l’enseignement français en Géorgie s’est renforcé : l’école Marie-Brosset s’est développée en offrant un caractère franco-géorgien bien équilibré à ses plus de 70 élèves tandis que l’école française du Caucase, conventionnée par l’AEFE et plus récente, scolarise aujourd’hui près de 300 élèves dont 70 français.

L’Ecole Marie-Brosset a suivi au cours de ses vingt premières années d’existence l’histoire de la Géorgie, ses difficultés, ses drames et ses progrès. Ainsi à l’été 2008, lors de la guerre avec la Russie, l’école n’était pas encore installée dans ses nouveaux locaux qu’elle devait accueillir des réfugiés arrivant des zones attaquées. Elle n’a jamais en beaucoup de moyens mais a progressivement assis sa solidité par sa persévérance, la qualité de son enseignement et l’opiniâtreté militante de son équipe de direction. Elle est aujourd’hui propriétaire de ses locaux, où plusieurs cursus internationaux d’enseignement sont proposés.

Ce 20ème anniversaire coïncidait avec le centième anniversaire de la première indépendance de la Géorgie, en 1918, ce qui m’a donné l’occasion de participer à certaines des festivités qui étaient marquées par la présence de plusieurs Chefs d’état d’Europe centrale et de notre Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

L’orientation européenne, que la Géorgie a choisie depuis la « Révolution des Roses » de 2003 n’a jamais été démentie. Malgré la guerre en 2008, une occupation qui dure et des incidents frontaliers encore fréquents dix ans après, le pays s’est profondément transformé. L’accord de libre-échange avec l’Union européenne est un atout important, qui incite l’agriculture à se réformer progressivement pour se tourner vers l’exportation de manière plus efficace, le tourisme s’est beaucoup développé et l’obtention en 2017 d’une exemption de visa pour les Géorgiens souhaitant se rendre en Europe pour de courts séjours a marqué une avancée symbolique importante pour le pays qui aimerait être plus qu’un bon élève du « Partenariat oriental » de l’Union européenne.

Avec la Présidente de la Commission pour l’Intégration européenne du Parlement, Tamar Khulordava, et les membres de sa Commission (image mise en avant), nous avons évoqué ces questions, mais aussi le sujet actuellement source de tensions avec l’Union européenne : l’augmentation du nombre de Géorgiens venant en Allemagne et en France pour ensuite déposer une demande d’asile. Très marquée, cette croissance incite certains à vouloir remettre en cause l’exemption de visa. Les autorités géorgiennes, conscientes qu’une telle décision remettrait en cause l’un des principaux acquis de la politique d’intégration européenne, essaient de faire leur maximum pour que cette situation ne dure pas. Situation d’ailleurs pas très différente de celle que nous avons connue avec la Roumanie au début des années 2000, après la suppression des visas pour les ressortissants roumains. Pour éviter des complications, une remise en cause de la tradition du changement de nom, plusieurs fois possible, est en examen au Parlement.

Avec la présidente du Groupe d’amitié du Parlement, Salomé Zourabitchvili, et plusieurs de ses membres, nous avons évoqué la relation bilatérale : l’engagement de la France en 2008, lors de la guerre contre la Russie pour obtenir un cessez-le-feu, nos échanges culturels et éducatifs, mais aussi la relations historique franco-géorgienne, depuis l’indépendance en 1918 (et sa reconnaissance par Aristide Briand) et l’évacuation en 1921 du gouvernement et de parlementaires par la France et l’accueil de nombreux exilés à la suite de l’arrivée des troupes soviétiques. Cette histoire, plus connue en Géorgie qu’en France, engendre une attente particulière pour l’engagement de notre pays auprès de la Géorgie.

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