Après mon déplacement à Belgrade les 31 mai et le 1er juin

Le 1er juin, j’ai participé à Belgrade au regroupement des Conseillers du Commerce extérieur de l’Europe du Sud-Est. Ce déplacement a été l’occasion de faire un point avec la Négociatrice en chef de la Serbie pour l’adhésion, Madame Tanja Miscevic, et avec le Président de la Commission des Affaires étrangères du Parlement, M. Zarko Obradovic, sur la perception serbe des négociations d’adhésion, alors que le président français avait douché les espoirs ouverts par la volonté de la Commission européenne de rendre la perspective d’adhésion enfin plus concrète pour la région.

En effet, le 17 avril dernier devant le Parlement européen, Emmanuel Macron a conditionné tout élargissement à une réforme interne de l’Union européenne. C’est pourtant, pour ceux qui connaissent cette région, maintenant qu’il faut accélérer le processus car des pays hors de l’Union européenne profitent aujourd’hui de l’absence d’une perspective crédible d’adhésion pour étendre leur influence. Pourtant le récent sommet UE-Balkans qui n’a pas tenu ses promesses et a été dominé par la décision du Président Trump de dénoncer l’accord international sur la supervision de l’activité nucléaire de l’Iran. Décision importante, mais qui a surtout permis d’évacuer à Sofia les sujets qui fâchent…

Seule une perspective claire d’adhésion pourrait aussi éviter les risques en ce qui concerne l’état de droit ou la liberté des médias. Il ne sera pas conjuré par l’attentisme mais par la confiance dans la force des valeurs européennes et le refus d’installer plus longtemps l’actuel processus de négociation dans un statu quo mortifère. Ce n’est pas un élargissement trop rapide de l’Union en 2004 et 2007 qui a provoqué les actuelles évolutions inquiétantes de l’Europe centrale. C’est, lors des négociations, une mauvaise compréhension de l’attente des pays candidats, une absence de dialogue sur l’avenir en commun que nous allions avoir dans l’Union européenne qui sont à la source des actuelles déconvenues. Il ne faut surtout pas reprendre les mêmes postures et comportements que dans les années 1990 car l’Union est aujourd’hui plus fragile. Mais pour que l’Europe puisse faire efficacement face aux défis qui l’attendent, qu’ils soient économiques, en termes de population ou sécuritaires, elle doit être plus unie dans un espace géographique cohérent.

L’une des bonnes nouvelles des deux dernières années est l’amélioration significative de la situation économique des états des Balkans. Pas assez encore pour éviter l’exode constatée au cours des dernières années, mais suffisant pour que ces pays puissent retrouver des forces au moment de négocier leur adhésion à l’Union européenne. Concernant la Serbie, un sujet toujours important : que les négociations ne soient pas prises en otage par sa relation avec le Kosovo : c’est globalement que la Serbie doit avancer. Est-il bon que pour faire (semblant) d’établir un compromis avec le voisin kosovar, on ne fasse pas attention à la liberté de la presse, à l’état de droit ou aux conditions faites par l’actuel pouvoir à Belgrade aux investisseurs émiratis ? Ces sujets sont essentiels. Si l’Union n’y prend pas garde, elle faillira sur un des thèmes sur lesquels elle est particulièrement attendue : favoriser l’émergence d’une gouvernance plus transparente et moderne dans des pays dont les systèmes politiques sont encore en transition.

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