L’élargissement de l’Union européenne toujours d’actualité ?

A l’occasion d’une visite de la Présidente du Groupe d’amitié Serbie-France de l’Assemblée nationale serbe et d’une délégation de chercheurs et spécialistes des affaires européennes, le 9 novembre 2017, nous avons pu faire un tour d’horizon sur la manière dont la Serbie percevait actuellement la politique d’élargissement de l’Union européenne et de ce que ce pays attendait de la France.

Lors de son arrivée à la tête de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker avait clairement indiqué qu’il n’y aurait pas d’élargissement lors de son mandat (2014-2019). Cette déclaration a conduit les négociations à se poursuivre sans que l’on puisse en connaitre l’issue. Pourtant celles-ci exigent de la part des candidats des efforts qui ne peuvent être engagés sans connaître clairement la date de l’adhésion. Avec la crise migratoire, l’évolution de la relation Union européenne-Turquie et les tensions générées par la remise en cause de certains principes fondamentaux d’un état de droit en Europe centrale, un sentiment émerge dans les opinions publiques des pays candidats : celui que l’Union européenne préfèrerait une sorte de statu quo supposé garantir la stabilité de la région à la poursuite volontariste de l’intégration européenne.

Par exemple, lorsque l’Union européenne demande à la Serbie des efforts sur sa relation avec le Kosovo, elle permet au gouvernement serbe, en parallèle, de « se relâcher » sur l’état de droit ou l’indépendance de la presse. Certains perçoivent cela à Belgrade et s’inquiètent des conséquences dans les Balkans d’une Europe qui, doutant d’avoir réussi ses élargissements de 2004 et 2007, ne se donne pas aujourd’hui les moyens d’éviter que des dérives similaires –ou plus graves– n’émergent au sud-est de l’Europe.

Enfin, lors de cette rencontre, nos interlocuteurs serbes nous ont lancé un appel pour une plus grande implication de la France dans la réussite de la négociation d’adhésion avec l’Union européenne. L’état des négociations actuelles, sans perspective, conduit la Serbie à se tourner non seulement vers la Russie, son partenaire historique, mais aussi vers la Chine, la Turquie et les pays du Golfe qui perçoivent ce pays comme un moyen de renforcer une présence en Europe, sans avoir à respecter les contraintes de l’Union européenne. Pour cette raison aussi, il convient d’accélérer les négociations. Un élargissement à un nouveau pays européen, c’est un pays de plus qui respectera nos principes, nos modes de fonctionnement. Il n’y a pas d’opposition entre élargissement et approfondissement : les deux doivent s’effectuer simultanément.

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