Emmanuel, Beata, Robert, Boïko et les autres…

La construction européenne requiert compromis et compréhension entre les partenaires. Pas d’amalgames ni de recherche de bouc émissaire.

Il y a bien  sûr des choses à améliorer dans la directive « travailleurs détachés » et personne n’avait attendu Emmanuel Macron pour s’y atteler. Mais rappelons que jusqu’à 400 000 Français travaillent en Europe grâce à cette directive en bénéficiant de la protection sociale française et en y cotisant. Soulignons aussi que plusieurs gros contrats, comme sur les chantiers STX de Saint-Nazaire, ne peuvent être réalisés que grâce aux compétences mobilisées en Roumanie et en Pologne.

Parler de dumping social ? A salaire égal, ce qui est une obligation légale, les cotisations sociales polonaises ou roumaines sont plus élevées qu’en France dès lors que l’on intègre le CICE. Le discours démagogique et simplificateur du Président n’est pas sérieux.

Réformer la directive sur les travailleurs détachés devrait se faire en puisant dans l’ADN de la démocratie polonaise, Solidarność et les luttes des années 70 et 80 des ouvriers polonais pour leurs droits… Mais cette histoire n’est pas dans les références de notre Président.

Le discours actuel du gouvernement polonais, ses actes antidémocratiques, sa propagande soviétique sur les médias publics sont des actes qui relèvent d’abord de l’attaque contre le meilleur de l’histoire de la Pologne, contre son intégration à l’Union européenne alors que celle-ci est toujours plébiscitée par les Polonais. Les attaques frontales du Président français contre « la Pologne » ne peuvent que renforcer politiquement la xénophobie diffusée par le parti au pouvoir à Varsovie, les antagonismes en Europe et les plaies toujours sensibles de l’histoire des relations franco-polonaises.

Pour un Président qui au nom du pragmatisme décide de parler franchement de ses désaccords avec Vladimir Poutine ou Donald Trump, isoler, attaquer sans daigner leur parler l’un des principaux pays de l’Union européenne et ses habitants, relève d’une étonnante contradiction qui aura des conséquences graves sur la place de la France dans l’Union européenne.

Son silence sur la participation de forces politiques ouvertement anti-européennes aux gouvernements slovaque et bulgare en devient du coup d’autant plus bruyant qu’il en a rencontré ses leaders Robert Fico et Boïko Borissov la semaine dernière. Une politique du « deux poids / deux mesures » où, en contrepartie de leur soutien pour la révision de la directive sur les travailleurs détachés, notre Président accepterait-il leur comportement indigne en termes de solidarité européenne sur la question de l’accueil des réfugiés ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s