Šid : Une étape de la route des Balkans

Le 22 avril 2017, je me suis rendu au centre d’accueil de Šid, en Serbie, à côté de la frontière croate. 6000 migrant-e-s, personnes en besoin de protection, sont actuellement hébergé-e-s en Serbie. La route des Balkans est officiellement fermée, mais une dizaine de personnes passe chaque jour en Hongrie, sur la base d’une liste tenue par les autorités hongroises (mais sans certitude sur l’identité réelle des personnes). D’autres tentent un passage vers la Croatie. Les témoignages reçus font régulièrement état de violences du côté des polices croates et hongroise. Ceux qui passent en Hongrie sont actuellement retenus dans un centre fermé à Tompa, et attendre que leur nom soit accepté par les autorités hongroises. Ceux qui veulent passer par la Croatie, préfèrent ne pas être enregistrés et tentent un passage clandestin.

La visite au centre ouvert de Šid a permis de constater les efforts faits par la Serbie depuis 2015 pour accueillir les réfugiés. Et le rôle très différent de ces pays de transit depuis que la route est fermée, car nombreux sont ceux qui y passent maintenant plusieurs mois. Ainsi après l’accès aux soins, c’est maintenant l’accès à l’école qui est devenu un enjeu. Les centres d’accueil n’existaient pas il y a deux ans et de très nombreuses compétences (médecins, juristes, enseignants) sont désormais mobilisées pour rendre ces centres le plus acceptable possible. Les nationalités des personnes dans les camps ont aussi évolué. Plus beaucoup de Syriens ou d’Irakiens; plutôt des Pakistanais ou des Afghans, ainsi que des Marocains et des Algériens, ce qui pose le problème de la motivation réelle des migrants empruntant cette route. Il est difficile de traiter de la même manière des personnes en besoin de protection en provenance de pays en guerre, comme en 2015, et la situation d’aujourd’hui, plus contrastée. La situation de la Serbie, hors de l’Union, permet aux personnes d’être enregistrées sans conséquence ensuite sur l’application du règlement de Dublin.

Après cette visite, je suis plus convaincu que jamais qu’il ne peut y avoir de solution à cette crise sans accord et coopération globale entre l’ensemble des pays concernés par cette situation en Europe. Une solution qui passe par une meilleure centralisation de l’information, une identification des personnes dès leur arrivée sur le sol européen, et qui reste valide et utilisable même hors de l’Union européenne (Macédoine, Serbie…). Une solution offrant aux demandeurs d’asile une chance et des conditions égales de protection sur l’ensemble du territoire européen. Dublin ne peut plus constituer le principe de base de répartition des demandeurs d’asile. Et lorsque que la protection est reconnue à une personne, elle doit pouvoir ensuite accéder au marché du travail européen sans discrimination.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s