Second tour de l’élection présidentielle : à l’étranger, nous avons une responsabilité particulière

Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle auprès des Français établis hors de France (40,51% E. Macron, 6,46% M. Le Pen) ne laissent aucun doute sur le vote que nous émettrons lors du second tour de la présidentielle.

Pourtant se mobiliser est fondamental. Il faut apporter autant de voix que possible à Emmanuel Macron, malgré les kilomètres à parcourir pour venir au bureau de vote, malgré parfois les heures d’attente pour accéder à l’urne.

Aucune élection n’est acquise d’avance. Le 7 mai, la victoire d’Emmanuel Macron est essentielle pour que la France ne tourne pas le dos aux principes républicains qui sont la base de notre unité. Pour que la France donne confiance à ceux qui l’aiment. Pour une France qui retrouve la capacité d’innover, de créer, d’imaginer de nouveaux projets. Une France qui veut écrire une autre page de l’Histoire que celle où figurent le Brexit et l’élection de Donald Trump. Une France qui refuse d’être hypnotisée par Vladimir Poutine.

Aucun Français résidant hors de France ne peut accepter l’idée d’une France prostrée derrière ses frontières, ayant peur de son avenir, refusant de faire face aux défis planétaires, en premier lieu le défi écologique, dans la solidarité et l’exemplarité. Chaque jour, dans notre travail, dans nos familles nous vivons cette ouverture, cette pluriculturalité, les échanges d’expériences et nous savons combien ceci représente des atouts pour notre pays.

Dans ce moment si spécifique, le scrutin des 6 et 7 mai représente beaucoup plus que le simple choix d’un Chef de l’Etat. Les idées du Front National se diffusent dans l’ensemble de la société française depuis plus de 30 ans : elles contaminent nos pensées ; elles nous paralysent dans l’action. Le 7 mai, c’est une occasion d’infliger à celles-ci une belle correction. De montrer, enfin, qu’elles ne sont pas une option pour l’avenir.

Plus le score d’Emmanuel Macron sera fort, plus cela illustrera que ce sont toutes les forces, toutes les énergies du pays, qui se seront jointes à ses propres électeurs du premier tour pour non seulement battre le FN, mais surtout terrasser ses idées. L’enjeu est là : personne ne doit se comporter comme si le 7 mai, le vote pour Emmanuel Macron était un vote d’adhésion à un projet politique : ce moment viendra avec les législatives, si la République est, d’ici-là, préservée.

Cette campagne si particulière a montré combien notre système, tel qu’il fonctionne depuis 2002 n’est pas satisfaisant. A trois reprises, des Présidents furent élus, obtinrent des majorités fortes… pour finalement des résultats décevants, car si le césarisme de la Vème République correspond bien aux exigences de la communication, il ne permet pas de maîtriser la complexité et donc d’agir dans la durée, la rationalité. Tout soumettre à un homme ou une femme, c’est fragiliser la société, l’infantiliser. Remplacer l’UMP ou le PS par « En Marche ! », ce n’est pas une rupture. Juste une continuité, une facilité. La rupture, ce serait faire en sorte que les élections législatives ne soient pas le 3ème tour de l’élection présidentielle, et qu’une majorité cohérente, indépendante de l’Elysée puisse émerger.

Plus le score d’Emmanuel Macron sera fort, moins le FN pourra être l’alternative, la réponse à l’inévitable usure du pouvoir. Seul un score sans appel peut permettre aujourd’hui de conjurer le danger pour demain et après-demain. Si le FN est demain l’alternative à EM !, alors nous n’aurons gagné que quelques années…

Français de l’étranger, nous avons une responsabilité particulière lors de ce scrutin, car notre point d’observation est privilégié. Nous savons que derrière chaque frontière les hommes et les femmes ont leurs rêves, leurs attentes, leurs besoins, leurs codes. Répondre aux défis planétaires, exige de mieux se comprendre. Nous savons aussi que si notre pays veut peser, défendre ce qui lui est cher, l’Europe est un levier. Pas une charge. Nous savons aussi que si nous prenons conscience de nos forces et de nos atouts, notre pays n’a aucune raison de craindre l’émergence d’un monde nouveau, car il peut en être, par sa liberté, son esprit critique, son sens de l’égalité et de l’innovation  l’une des sources.

Auprès de nos familles, de nos amis, de nos partenaires de travail et d’engagements, nous devons témoigner que, pour notre pays, l’enjeu de cette élection n’est plus comme les autres. Pour notre pays, le FN est porteur d’un projet irréversible de perte de crédibilité et d’affaiblissement de l’Etat et de la République. La démocratie peut et doit supporter des alternances républicaines où le respect entre chacun et le partage de certains principes permettent d’avancer. Le choix du 7 mai est malheureusement d’une autre gravité, sans voie de retour. Tentons donc de convaincre celles et ceux qui doutent. S’abstenir ou voter blanc, ce peut être une manifestation de mécontentement. Dans le cas présent c’est déléguer la responsabilité du choix, c’est-à-dire de l’avenir, à ceux qui utiliseront le bulletin « Marine Le Pen » ou « Emmanuel Macron ».

(Merci à Jean Isseri et Gheorghe Toporan pour leur admirable travail de cartographie)

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