Les établissements scolaires français face à la dévaluation de la Livre égyptienne

Lors de mon déplacement en Egypte en décembre 2016, j’avais eu, à l’initiative du Service d’action culturelle de notre Ambassade, une réunion sur la situation des établissements scolaires homologués par l’Education nationale en Egypte dans le contexte de la dévaluation de la livre égyptienne (EGP). Dans la foulée, j’avais envoyé le courrier suivant au Ministre des Affaires étrangères et du Développement international, lui proposant des pistes de travail pour faire face à la situation rencontrée.

Les problèmes sont de quatre ordres : (1) un doublement des frais de scolarité exprimés en Livres égyptiennes alors que les revenus des familles ont -au mieux- augmenté de 20 à 30% , (2) la difficulté à acheter des Euros avec des Livres égyptiennes afin de payer des dépenses en Euros, (3) des recrutés locaux, lorsqu’ils sont payés en monnaie locale, qui ne peuvent plus faire face à l’augmentation du coût de la vie et (4) lorsqu’ils sont payés en Euros, l’augmentation induite de la masse salariale en EGP impacte lourdement les dépenses des établissements, certains risquant la faillite car ils sont limités à une augmentation annuelle maximum de 7% en EGP par les autorités égyptiennes.

Une mission de l’AEFE en janvier 2017 a pris des dispositions spécifiques pour l’Etablissement en gestion directe du Caire (EGD), dont les frais de scolarité, payables en Euros ou en équivalents EGP, sont devenus inabordables pour beaucoup de familles. Elle a aussi partiellement exonéré les remontées des établissements partenaires vers l’AEFE.

Il serait souhaitable que l’AEFE accepte, compte-tenu de la situation particulière de l’établissement du Caire la mise en place d’une caisse de solidarité abondée par l’ensemble des frais d’écolage et permettant d’accompagner les besoins des familles ne pouvant plus faire face aux effets de la dévaluation de la monnaie égyptienne sur les frais de scolarité. L’AEFE a décidé de réduire les frais d’écolage de moitié pour le second semestre. Cet effort est logique si l’on se rappelle des ponctions sur les fonds de réserve que l’AEFE avait opérées en 2015 sur les EGD -cette ponction, au Caire, avait été parmi les plus importantes du réseau-.

Il est important de suivre la situation avec précision. Dans un pays à forte croissance démographique, les 35 écoles bilingues scolarisant plus de 35 000 élèves dans les programmes francophones, les 13 établissements homologués accueillant 8000 élèves -dont 2/3 d’Egyptiens-, doivent pouvoir se développer tout en restant accessibles. Disposer de moyens adéquats et d’enseignants titulaires est un enjeu majeur pour les établissements.

En mars 2017, lors de la visite du Groupe d’amitié sénatorial France-Egypte , nous avons rencontré le Ministre de l’Education nationale. A cette occasion, il nous a confirmé que son ministère veillerait à permettre aux établissements de droit égyptien, en particulier les établissements confessionnels, de disposer de ressources suffisantes pour rémunérer leurs enseignants titulaires français. Au cas par cas, la limite de l’augmentation des écoles de 7% annuelle en EGP pourrait être revue pour répondre aux besoins des établissements et éviter qu’ils ne soient financièrement asphyxiés.

Cette prise de position confirme les travaux entrepris par notre Ambassade pour veiller à l’avenir de nos établissements scolaires. Je me réjouis de cette annonce et poursuivrai avec attention l’évolution de cette situation.

 

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