Après mon déplacement de décembre 2016 en Egypte

En décembre 2016, je me suis rendu en Egypte, à Alexandrie et au Caire.

Cela a été l’occasion de visiter le consulat d’Alexandrie, dont le fonctionnement et la localisation étaient menacés lors de mon dernier passage en 2014. Je salue particulièrement la mobilisation des Français d’Alexandrie pour obtenir ce résultat et conserver une présence française significative dans l’une des plus grandes villes d’Afrique.

La situation économique et sociale de l’Egypte est tendue. La décision du gouvernement de laisser « flotter » la Livre égyptienne pour liquider le marché noir et retrouver la possibilité d’accéder au marché des devises conduit à une très forte dévaluation de la monnaie (de £8 à £18 pour 1 € en quelques jours). Mais les devises restent rares. Par ailleurs une inflation forte inflation conjuguée aux effets que pourrait avoir la baisse ou la limitation des subventions aux produits de première nécessité, représente un risque social et politique très important.

C’est dans ce contexte que lors de mes visites des établissements scolaires à Alexandrie et au Caire, ainsi que lors de ma rencontre avec plusieurs chefs d’établissements scolaires homologués réunis à l’Institut Français, nous avons fait le point sur les conséquences de la dévaluation de la Livre égyptienne sur le fonctionnement des établissements. Ceci m’a conduit à écrire un courrier avec quelques propositions à Jean-Marc Ayrault, notre ministre des Affaires étrangères, à la veille de la mission que l’AFE devait diligenter en Égypte sur ce sujet. Vous trouverez ci-joint ce courrier.

Ce déplacement a aussi été l’occasion de faire le point sur la situation politique avec l’ancien ministre Mounir-Fakhri Abdelnour, le président du groupe interparlementaire Egypte-France le Dr. Ayman Aboul-Ela, le secrétaire international du Parti Social-Démocrate Egyptien Hussein Gohar, et Hamdeen Sabahy, ancien candidat aux élections présidentielles de 2012 et 2014. Nous avons discuté la situation économique et sociale du pays, les doutes sur le tout-sécuritaire et le résultat des actions que le gouvernement a lancés à l’été en matière économique. Certains émettent des doutes sur la capacité de ce gouvernement à parvenir à mener des réformes économiques que Sadate avait renoncées à conduire en 1977.

Je ressens aussi une distance plus affirmée avec l’Arabie Saoudite, qui avait été l’un des soutiens du début de la présidence Sissi. L’épisode des îles Tiran et Sanafir, que le gouvernement a souhaité transmettre à l’Arabie Saoudite, alors que la justice administrative égyptienne s’y oppose, témoigne de cette évolution. Mais il en est de même de la situation au Yémen et en Syrie. Enfin la situation des Coptes, frappés au cœur lors de l’attentat du 11 décembre en l’église Saint-Pierre et Saint-Paul, mérite toute notre attention, car les Coptes font partie intégrante du peuple égyptien, ce qui est contesté par certains extrémistes. Cette tension et ce risque sont inquiétants dans un pays où la poussée démographique est forte et qui doit donc beaucoup investir sur l’éducation et la tolérance entre ses différentes communautés.

(En photo d’accompagnement : avec Hamdee Sabahy, ancien candidat aux élections présidentielles de 2012 et 2014, et Justin Vaïsse, directeur du Centre d’Analyse, de Prévision et de Stratégie du Quai d’Orsay).

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s