De quoi donc Pénélope est le symbole ?

En général, je n’aime pas sortir du débat politique pour aller sur le terrain des « affaires ». Si le débat politique se transforme en description des scénarios des conséquences de l’éventuelle mise hors-jeu d’un candidat, ce n’est pas très intéressant : cela masque les projets et analyses des candidats et des forces politiques au profit d’une simple pièce de théâtre. A la fin cela pèse sur le choix des électeurs.

L’affaire Pénélope Fillon est un peu différente car elle touche au fonctionnement du Parlement, remet en cause celui-ci, et jette l’opprobre sur ceux qui y travaillent. C’est donc très politique.
Elu depuis 5 ans, je sais combien essayer de répondre au mieux aux obligations de son mandat exige de mobilisation, mais aussi d’accompagnement par des collaborateurs parlementaires en circonscription, dans le travail parlementaire et le suivi des dossiers individuels ou thématiques.
Un mandat, à mon sens, ce n’est pas se mettre à l’écoute des électeurs dans le seul but d’être réélu; ce n’est pas prendre un mandat pour poursuivre d’autres ambitions et faire de l’absentéisme chronique. C’est se mettre à l’écoute des électeurs pour remplir sa mission : voter la loi et contrôler l’action du gouvernement. L’activité des Parlementaires, elle est mesurable sur les sites http://www.nossenateurs.fr et http://www.nosdeputes.fr . Ces éléments chiffrés ne sont pas tout, mais ils donnent une indication de l’implication des parlementaires et de leurs collaborateurs dans la mission qui leur a été confiée par les électeurs.

Je suis choqué lorsque tranquillement le candidat désigné de la droite à l’élection présidentielle nous indique que ce qu’il a fait avec son enveloppe pour la rémunération des collaborateurs n’est pas répréhensible, car c’est légal !
Je suis choqué car je sais combien le travail de collaborateurs est indispensable à la réalisation de son mandat et qu’il ne s’agit pas juste d’un accompagnement et d’un soutien moral.
Je suis choqué lorsque je découvre le montant des rémunérations en jeu. Elles n’ont rien à voir avec celles qui sont versées aux collaborateurs qui travaillent chaque jour sur les dossiers législatifs ou en accompagnement en circonscription.
La liberté des parlementaires dans le choix de leurs collaborateurs et le mode d’exercice de leur mandat est indispensable à l’indépendance du Parlement. Mais c’est avec ce type d’abus, assumé sans vergogne, qu’on affaiblit la démocratie, en sapant sa crédibilité. La loi sur la transparence de la vie politique, votée en 2013 après l’affaire Cahuzac répond à cette exigence. 4 années après, il semble que les préoccupations à laquelle elle voulait répondre ne soient pas partagées par tous les acteurs de notre vie politique.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s