Retour sur mon déplacement au Liban (Beyrouth, Tripoli, le 10 oct. 2016).

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Avec Daad Naffi, Hiba Mokadden, Walid Dahouk, Hadi Naffi et le proviseur du Lycée de Tripoli, Michel Sauzet lors de ma visite au Lycée français de Tripoli, le 10 octobre.

Au Lycée j’ai eu un moment d’échanges très instructifs avec les élèves. Nous parlons laïcité, état de droit, relation franco-libanaise, institutions. Une question est posée par une élève sur le ressenti entre la compassion internationale envers les victimes des attentats en France et celle envers les victimes du terrorisme au Moyen-Orient.

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Par ailleurs, j’ai perçu une inquiétude, compte-tenu de l’évolution du débat public en France, sur la capacité de la France de conserver sa relation spéciale avec le Liban et son souhait d’accueil des élèves libanais dans l’enseignement supérieur. Les élèves s’interrogent : seront-ils toujours bienvenus ? Il est important d’avoir conscience des effets de nos débats sur notre image à l’étranger, notre attractivité et la crédibilité politique de la France à l’international.

C’est aujourd’hui le rôle, difficile de notre diplomatie que de parvenir à expliquer cette situation politique interne à nos partenaires, afin d’en limiter les conséquences. C’est aussi le rôle des parlementaires des Français de l’étranger que de souligner combien nos crispations internes pèsent sur la manière dont notre pays est perçu à l’étranger.

Auparavant, lors de ma permanence parlementaire à Beyrouth, j’ai perçu chez certains de mes interlocuteurs une incompréhension sur l’évolution de quelques taux de bourses scolaires, alors que leurs revenus avaient pourtant diminué d’une année sur l’autre.

Le problème spécifique au Liban, compte-tenu de la loi libanaise, de la fixation par les autorités libanaises des frais de scolarité par année civile et pas par année scolaire, de la fixation de la rémunération des enseignants par les autorités libanaises, parfois de manière rétroactive, empêche le système actuel des bourses de fonctionner correctement. Il est impossible de connaître le montant des frais de scolarité qui devront être payés par les familles au moment où les bourses sont définitivement fixées par l’AEFE. Les rigidités des systèmes libanais d’une part, français de l’autre, conduisent les familles devant avoir 100% de bourse en théorie à devoir pourtant s’acquitter d’une part de frais de scolarité.

Concernant l’étude des bourses scolaires, j’ai été étonné qu’en dépit d’un nombre important accordé (87) sur Tripoli, l’ensemble des procédures de dépôt et d’étude des dossiers soit effectué à Beyrouth.

Un témoignage reçu : « Un agent du service des bourses venait une fois au lycée, il y a 7 ans au moment de la campagne, pour contrôler et réviser les dossiers saisis par les familles. Elles n’étaient pas obligées d’aller à Beyrouth pour déposer leur demande. C’était beaucoup plus facile et beaucoup plus simple. Or, il faut compter pour faire le trajet Tripoli-Beyrouth 3h pour l’aller et 3h pour le retour ».

A noter que Tripoli connaît une situation économique de plus en plus difficile compte tenu de sa situation géographique (proximité de la Syrie). Beaucoup de commerces ferment et rencontrent des difficultés alors que les Français de cette ville sont en demande d’une présence de proximité.

Une partie importante du pays, dont le nord de Tripoli est en zone rouge. Est-il logique de mettre une zone qui comprend un nombre significatif de Français en zone rouge, en ne leur demandant pas de partir, tout en limitant très fortement le déplacement de fonctionnaires français dans ces zones ? Cette question se pose aussi dans la plaine de la Bekaa.

Ne faudrait-il pas revoir la carte avec plus d’orange et un peu moins de rouge sur une partie du pays ? Ou bien revoir les dispositions effectivement prises pour les Français restant en zone rouge ?

Un témoignage : « Il existe une véritable demande d’une permanence à Tripoli. J’ai demandé et j’ai insisté plusieurs fois pour qu’ils viennent mais la réponse était toujours la même: « on n’a qu’une seule voiture au consulat, on ne pourra pas venir. Mais un passage mensuel pourra résoudre pas mal de problèmes ».

La proximité est aussi une question de moyens. Cette année nous n’aurons pourtant pas de débat budgétaire au Sénat, car la droite refuse de discuter du budget…

* * *

Lors de ce déplacement, voir également mon article sur ma rencontre au Liban avec l’ONG Amel œuvrant à l’accompagnement des réfugiées syriennes.

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