Résister c’est aussi transformer son découragement ou sa colère en engagement.

Parfois résister c’est rester, parfois résister c’est partir.

Ainsi twittait Christiane Taubira dans la foulée de sa démission du gouvernement. Son absence, c’est une rupture. Nous savions compter sur elle, car elle n’avait jamais fait défaut avec ses mots, sa sincérité. Jusqu’au bout sa présence a été utile pour porter une parole humaniste, la prééminence du droit sur l’instinct. La raison contre l’émotion.

Face aux crispations populistes qui suggèrent que face au monde qui naît, où toute information se partage et est disponible partout sur la planète, où chacun est dépendant de tous, où l’échec de l’un est le problème de l’autre, c’est le repli identitaire qui est la solution, c’est la barricade de l’ignorance qui est la meilleure protection, elle portait le discours courageux de la connaissance et du respect. Nous avions besoin de sa parole au gouvernement.

Les évolutions du projet de la réforme constitutionnelle présentée cette semaine par Manuel Valls relèvent de l’enfumage. Bien malin est celui qui sait quelles seront les conséquences de l’évolution de l’article 2 du projet de loi constitutionnelle. L’inscription dans la constitution d’une habilitation de légiférer sur la déchéance de nationalité est-elle suffisamment explicite pour faire ce qui avait été annoncé au Congrès, si aucun principe constitutionnel n’est modifié (ce dont je pourrai me réjouir) car toute loi votée ensuite risquerait une censure ? Est-ce au contraire, en inscrivant les délits contre la vie de la Nation, en plus, comme cause potentielle de déchéance de Nationalité la mise en place de la disposition constitutionnelle qui permettra ensuite par une loi ordinaire au FN ou à Nadine Morano de réaliser leurs rêves ? Nul ne le sait. Voilà la synthèse selon Valls. Le pire de la politique. Trahir à sa gauche, mentir à sa droite. En quoi tout ce temps passé à nous diviser est-il une réponse à la menace terroriste ? En quoi permet-il à la France de retrouver confiance et croissance ?

Au gouvernement, parfois résister c’est partir. Mais pour les citoyens résister c’est rester. Résister avec ses mains, résister avec ses ongles. Résister avec sa parole, résister avec ses dents. Résister c’est témoigner que la multiculturalité est indispensable à la compréhension de ce qui se passe. Résister c’est assumer ses erreurs. Résister c’est transformer son découragement ou sa colère en engagement.

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