Je suis Maroua

MarouaLes 13, 22 et 25 juillet derniers, Boko Haram a cruellement frappé le Cameroun en utilisant par 3 fois des bombes humaines dans les villes de Fotokol et de Maroua.

A chaque fois des dizaines de morts et de blessés. Et à Maroua, le fait que la dernière bombe fut portée et activée par une jeune fille d’une douzaine d’années rajoute à la stupeur et à l’effroi que ressentent les camerounais face à la répétition de tels attentats.

En ayant prêté allégeance à l’Etat islamique en mars dernier, Boko Haram a cherché d’une part à donner un sens politique à son combat, puis, aussi et surtout, à intégrer une « franchise religieuse » qui lui confère un autre statut aux yeux des Etats qu’il combat. De secte illuminée, Boko Haram est désormais devenu le bras armé de l’Etat Islamique en Afrique centrale, profitant de ce fait d’un appui logistique et militaire nécessitant une réaction coordonnée et permanente des Etats menacés.

La nébuleuse terrroriste est donc de moins en moins nébuleuse et de plus organisée : en Afrique centrale, c’est bien une véritable guerre qui oppose les armées de la région à Boko Haram.

La France n’est pas absente de ce combat : nos hommes sont en appui au Tchad, au Niger… Le Président de la République échange depuis déjà de nombreux mois avec les gouvernements de la région pour les amener à renforcer leur coopération sécuritaire. C’était d’ailleurs là l’un des enjeux du passage de François Hollande au Bénin et au Cameroun les 2 et 3 juillet derniers. Et il semble logique de considérer les attentats de Fotokol et de Maroua comme une réponse de l’organisation terroriste à cette visite.

Aujourd’hui, après Charlie, Hyper Casher, Copenhague, le Prado, Sousse, Suruç, Fotokol et Maroua, il est important de ne pas perdre de vue la dimension globale de la menace, même si les réponses sont d’abord locales.

Le gouvernement camerounais est confronté à un double défi, celui de la mobilisation de ses ressources policières et militaires pour le contrôle de ses frontières et la réduction des fractions terroristes déjà présentes sur le territoire. Dans un état où cohabitent différentes ethnies, différentes religions, le chemin que doit emprunter le gouvernement pour mener le combat est étroit. Déjà nombre de questions sont posées quant à l’efficacité du fonctionnement de la justice et de l’état de droit : il importe que les méthodes utilisées pour combattre la terreur djihadiste ne sombrent pas dans la psychose et la répression aveugle. Faute de quoi, loin de le réduire, le combat renforcera le péril.

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