Pourquoi Moscou maintenant ?

En tant que vice-Président du Groupe d’amitié France-Russie du Sénat, j’accompagne Gérard Larcher dans sa visite officielle en Russie depuis lundi dernier.
Gérard Larcher a souhaité, à l’occasion de cette visite, s’assurer que toutes les voies possibles pour un dialogue restent ouvertes et permettent de se comprendre à un moment où l’Union européenne et la Russie traversent une crise très profonde. Il a inscrit sa visite dans une démarche de soutien à l’action que François Hollande, le Président de la République a engagé en décembre, puis a continué en février avec Angela Merkel pour aider l’Ukraine et la Russie à sortir du sentier de la guerre.
Aujourd’hui, de nombreux pays se posent la question de l’intérêt de donner des armes à l’Ukraine pour assurer sa défense alors que Marioupol est attaqué par les séparatistes. Mais personne ne doute de l’origine des moyens dont disposent les séparatistes. C’est dans ce contexte que le non-respect des accords de Minsk, dont la dernière illustration la plus flagrante est le bombardement de Marioupol, est particulièrement inquiétant. Beaucoup doutent, c’est vrai, de la capacité des accords de Minsk d’être une feuille de route suffisante pour l’ensemble de la sortie de crise. Mais c’est un outil potentiel de rétablissement de la confiance et du dialogue, qui est le préalable à l’arrêt des morts, de la crise sociale et humanitaire qui sévit en particulier en zone contrôlée par les séparatistes. Parier sur le dialogue plutôt que sur la guerre pour résoudre le problème c’est le cœur, l’origine des valeurs fondatrices de l’Union européenne. C’est le sens de la démarche engagée cette semaine.

Kremlin1Il a été clairement dit que Minsk est un processus qui montre qu’un problème européen peut trouver une solution européenne. C’est en cela que la Russie, comme l’Ukraine, a une responsabilité particulière dans la reconstruction de la confiance, qui pourrait émerger si les premières dispositions de l’accord étaient entièrement tenues. Les moyens et le respect de la liberté d’action de l’OSCE doivent permettre de s’en assurer.

Se donner aujourd’hui la volonté que les armes se taisent, c’est retrouver demain les mots pour se comprendre. C’est ce message qui a été transmis, grâce à ce déplacement, auprès des plus hautes autorités russes. Au plus haut niveau de l’exécutif aujourd’hui après du Président Poutine, hier auprès du Ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et de la Présidente du Conseil de la Fédération, Mme Matvienko, avant-hier auprès du Président de la Douma, M. Narichkine.

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