Mon déplacement à Kiev les 19 et 20 février 2015

Je me suis rendu à Kiev les 19 et 20 février dernier. A cette occasion, j’ai pu faire le point, lors d’un comité de sécurité réuni à l’Ambassade avec de nombreux Français vivant en Ukraine sur la situation sur place, les graves difficultés économiques rencontrées par le pays, leurs craintes de l’évolution de la situation militaire.

Le Parlement élu fin octobre est profondément renouvelé : la moitié des élus sont nouveaux et parfois très jeunes. Beaucoup souhaitent faire vivre l’esprit du « Maïdan » dans la vie politique du pays, établissant de nouvelles règles en matière de transparence de la vie politique, de lutte contre la corruption, de réforme de la justice. La question de la lustration a aussi été évoquée. Difficiles ambitions. A la fois essentielles mais aussi porteuses de risques si la volonté de réforme se transforme en volonté de vengeance contre l’ancien pouvoir, ou en dispositifs contraires à la séparation des pouvoirs, base d’un état de droit.

J’ai pu aussi évoquer avec mes interlocuteurs leur appréciation des accords de Minsk du 12 février, la capacité de les traduire en réalité sur le terrain. Mais aussi leur doute sur la capacité de parvenir durablement à une stabilité sur le plan militaire sans équilibre des forces. Ici, en Ukraine, aujourd’hui, se joue l’avenir de l’Europe. Celle d’un continent qui met en place des politiques en commun, mais qui se refuse à ce que l’avenir d’une nation soit décidée par le bon vouloir ou les intérêts d’une autre. « Rien sur nous sans nous », c’était le cri des peuples en 1989, cela reste en Ukraine d’actualité : accepter une remise en cause là, sur l’Ukraine, et ce seraient d’autres, ensuite qui suivraient…  L’enjeu c’est de savoir si les volontés, les politiques développées par des personnalités comme par exemple Charles de Gaulle, Willy Brandt, Helmut Kohl, François Mitterrand ou Bronislaw Geremek pour sortir l’Europe de la domination, de la séparation du pacte scellé à Yalta entre Roosevelt et Staline continueront à être le moteur de la sécurité européenne alors que ce sont ces politiques, ces volontés qui ont apporté la paix en Europe.

Photo : avec Oksana Syroyid, vice-Présidente de la Rada d’Ukraine

 

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