« Nous sommes Charlie » : c’est notre indignation criée ensemble mercredi soir Place de la République. Ensemble pour terrasser la bête, la barbarie et l’ignorance. Nous sentir nombreux à le vouloir.

Paris actuellement, c’est un peu irréel. Chacun est soufflé par l’horreur et la bêtise. La traque continue ; les événements s’accélèrent. De l’ensemble du monde viennent des messages de soutien, des condoléances de Français vivant hors de France, d’Etrangers mobilisés dans l’indignation. Ils mesurent combien, en visant « Charlie Hebdo », les terroristes souhaitaient éliminer une manière rebelle et humaniste d’aborder la vie et les idées. En prenant pour cible « Charlie Hebdo », ce terrorisme désigne son ennemi : l’humour, la connaissance, la critique et la liberté.

Mais il nous faut aussi témoigner. Témoigner sans cesse car des interprétations dangereuses se profilent, engendrant de nouvelles violences. Déjà hier soir les charognards s’habillaient en colombe pour mieux profiter du choc et du traumatisme qu’il représente, et vendre leurs idées de divisions, de haine, de refus de l’autre.

Partageons aussi la douleur des Tunisiens dont deux journalistes ont été hier abattus en Lybie : le droit d’informer et d’être informé est mondial.

Ces événements doivent constituer un sursaut car les réseaux terroristes recrutent partout où la connaissance, la dignité laissent place à l’ignorance, au mépris des êtres humains et de leur liberté. Il n’y a pas de choc des civilisations, mais un choc de l’ignorance. Face à cela, la réponse à long terme c’est l’éducation, la connaissance et la place de celles-ci dans la société : l’éducation qui émancipe, l’éducation qui intègre.

L’autre sursaut, plus immédiat, doit être au niveau européen. Lors des débats sur la dernière loi antiterroriste, il a été mis en évidence les acquis de la coopération européenne, mais aussi des approches différentes entre les partenaires qui sont autant de « trous dans la raquette ». Il est urgent de revenir sur cela, dans le respect des libertés individuelles.

Enfin, les moyens donnés au pseudo « Etat Islamique » par la maîtrise d’un territoire en Syrie et en Irak, d’une armée, de trafics qui financent ses activités, rendent la menace plus forte que jamais car des milliers de personnes de toutes nationalités s’y forment et constituent autant de menaces par la suite. Ce risque pour la sécurité nationale justifie notre implication sur le terrain. Cette implication de nos forces dont le Parlement aura à discuter la semaine prochaine. Mais pour être efficace, la coalition la plus large possible doit être impliquée.

Cette menace directe pour la sécurité du pays, de ses habitants, impose de redéfinir un certain nombre de priorités. Rien ni personne ne doit manquer à l’appel. Sur le terrain, rien ne pourra se faire de décisif sans la Turquie ni l’Iran, les deux grandes puissances aux frontières de cette zone de non-droit.

Pour la Turquie, c’est dans une manière différente d’aborder ses relations avec les Kurdes que peut se trouver la solution. Cette évolution n’est pas facile et dépend d’abord de la Turquie. Mais la bonne relation Ankara-Erbil est un signe très favorable qu’il convient d’apprécier. Pour l’Iran, sans aucun doute capable de peser significativement sur le régime de Bachar El Assad, il est temps, il est grand temps de travailler ensemble, de rebâtir de la confiance, de lutter ensemble face à la menace commune. Peut-on encore faire de la question nucléaire un préalable ? Le débat doit aujourd’hui être posé.

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