Burkina Faso : quand la jeunesse revendique ses responsabilités et bousculant un ordre que nombreux considéraient comme établi

Ainsi donc, à Ouagadougou, la jeunesse et la société civile ont obtenu le départ de Blaise Compaoré. Nous voyons bien que, désormais, les militaires ne seront plus en mesure de détourner à leur profit les périodes de transition accompagnant le départ d’hommes qui se sont trop longtemps accrochés au pouvoir -sauf à tirer dans la foule puis sombrer dans la terreur-.

Les temps changent, les sociétés du continent africain évoluent très vite. Les raisons ? L’accès à l’information n’est plus contrôlée, les sociétés sont très jeunes (selon les pays plus de 50% de la population à moins de 20 ans, 70% moins de 30 ans…), et cette jeunesse est de plus en plus consciente de la responsabilité de leurs aînés dans la mauvaise gouvernance de leur pays. Si une partie de celle-prend le chemin de l’émigration, force est de constater que l’immense majorité de ces jeunes fait le choix de rester chez elle et de s’engager dans le développement de leur pays. Avec la conviction que bonne gouvernance rime de plus en plus avec croissance et développement.

Il n’est donc pas étonnant de voir que la situation burkinabée soit suivie avec une grande attention par nombre d’Africains, qu’ils soient chefs d’Etat ou, plus simplement, jeunes citoyens croyant aux chances de développement de leur pays. Plus que jamais l’heure est à l’accélération des transitions de pouvoir de la génération des années 1980 vers celle des années 2010. Un message qui doit être perçue d’urgence par nombre de chancelleries africaines…

Notons aussi que la France tient dans ce processus toute sa place, comme le montre le courrier adressé il y a quelques semaines par François Hollande à Blaise Compaoré. Le syndrome du troisième mandat était évalué comme l’un des principaux risques politiques dans plusieurs pays de l’Afrique francophone. L’exemple burkinabé pèsera lourd pour les autres chefs d’Etat tentés de modifier la constitution afin d’arracher le mandat de trop, plutôt que d’assurer à leur pays une transition démocratique et pacifique.

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