Sur la détention de Me Lydienne Eyoum au Cameroun

Je me suis rendu à Yaoundé les 18 et 19 juillet derniers afin de suivre la situation de la détention de Maître Lydienne Eyoum et m’informer de l’évolution de la relation franco-camerounaise.

Avec la consule, Madame Astride Cheminel, nous sommes allés visiter la prison de N’Koguendi où est détenue Lydienne EYOUM. J’ai pu à cette occasion me rendre compte de la situation de détention dans cette prison, où sur une petite surface sont détenues 4000 personnes -hommes, femmes, enfants-, dont plus de 2700 sont en détention provisoire. De l’hygiène, de la situation sanitaire, de la promiscuité imposée aux détenus par le manque de moyens et la surpopulation du lieu. Priver de liberté des êtres humains dans de pareilles conditions pendant de longues années et sans jugement est une atteinte aux droits de l’homme et à leurs libertés.

Le Garde de Sceaux, Laurent ESSO, nous a accordé, à Madame l’Ambassadeur de France et à moi, une audience au cours de l’après-midi. J’ai pu lui confier directement mes observations sur ce que j’avais vu le matin dans la prison et mes inquiétudes sur la dignité et l’intégrité de Lydienne EYOUM. Nous avons eu alors un échange d’analyse sur sa situation.

J’ai marqué ma préoccupation sur la marge de manœuvre de la justice au regard du courrier qui s’apparente à une lettre de cachet, (Lettre Laurent ESSO 29.12.2009) signée par Laurent ESSO alors Secrétaire général de la Présidence, en décembre 2009 et que vous trouverez ci-joint. Enfin j’ai souligné qu’il était difficile pour moi de comprendre comment Lydienne EYOUM pouvait se retrouver dans l’œil de l’opération anticorruption « Epervier », alors qu’elle n’avait fait que remplir la mission qui lui avait été confiée par le Ministère des Finances, et confirmée par la justice, de défendre les intérêts de l’Etat en recouvrant l’argent qui lui était du. A la suite de cet entretien, j’ai envoyé un courrier au Ministre de la Justice que vous trouverez ci-joint (JYL-140721-LE-2).

Bien entendu, en m’exprimant de la sorte, l’accusation d’ingérence pourrait vite arriver. Mais c’est mon rôle de Sénateur représentant les Français de l’étranger de m’assurer que les Français devant faire face à la justice à l’étranger sont traités dans des conditions respectant leur dignité et leur intégrité. Et qu’ils disposent des moyens nécessaires pour assurer leur défense. Ce combat, que je mène pour les Français, est aussi un combat pour le renforcement de l’Etat de droit qui demeure une priorité d’intérêt général. C’est pour le Cameroun une question essentielle s’il souhaite attirer des investisseurs susceptibles de développer l’économie et de lutter contre la pauvreté.

Dans ces démarches, j’ai été aidé par l’Association « SOS Racisme Cameroun » et ses militants camerounais, qui se battent sur place pour la défense de l’Etat de droit et des droits humains.

J’ai pu aussi constater l’implication de notre Ambassade et de la Chancellerie camerounaise pour qu’une issue soit trouvée le plus rapidement possible à la situation de Jean-Emmanuel FOUMBI, incarcéré à Douala, mais dont la situation de santé l’empêche de se défendre et exige un rapatriement pour traitement médical urgent.

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