A l’offensive, vite !

offensiveLa défaite est lourde. C’est la traduction d’une défiance qui s’exprimait depuis des semaines envers l’action et l’attitude de la majorité et qui a fortement influencé le résultat des élections municipales. Aujourd’hui, il y a urgence. Urgence dans le message et urgence dans l’action. C’est la capacité de la majorité et de la gauche de rendre confiance aux Français pour opérer le redressement du pays jusqu’en 2017 qui est maintenant en cause.

La séquence que nous avons vécue depuis deux semaines est de celle qui retire toute crédibilité à la politique. D’un coté ce que révèlent les écoutes de Nicolas Sarkozy sur les habitudes et les méthodes de l’ancien président ou les arrangements financiers de Jean-François Copé.  De l’autre, un gouvernement et une majorité qui dénonce à raison ce type de rapport à la politique mais qui oublie n’avoir pas mis en œuvre la réforme constitutionnelle du Conseil Supérieur de la Magistrature qui aurait garanti l’indépendance de la justice, permettant alors d’éviter tout procès d’intention sur la nature de ces écoutes à caractère judiciaire. C’était l’ambiance d’avant les municipales, confondant faits divers et débat politique. Puis, brusquement après le premier tour, on oublie tout cela pour appeler au Front républicain avec ceux que l’on accusait la veille de tous les maux au nom du combat contre le FN…. Difficile de comprendre nos priorités, nos engagements avec de tels messages successifs.

Pourtant, pour le gouvernement, combattre le Front National et les projets qu’il représente, cela doit se faire en menant une politique qui démontre que les choix du FN ne sont pas les bons. Combattre le FN, c’est mener une politique cohérente, que ce soit en terme économique et social qu’en terme d’intégration. Nous en sommes loin, malheureusement. Nous ne battrons pas le FN en craignant ses idées, mais en montrant qu’une politique différente de celle qu’il propose peut réussir. Nous avons été élus en 2012 pour cela et il n’est pas trop tard pour commencer cette démonstration.

Le Président de la République développe depuis la fin de l’année dernière un diagnostic lucide sur les évolutions économiques inquiétantes du pays depuis une dizaine d’année et sur les efforts qu’il convient de faire pour que notre pays, qui a de nombreux atouts, redevienne une terre d’espoir et d’opportunités. Mais ce diagnostic reste en décalage avec l’action et les prises de positions de plusieurs membres du gouvernement, ce qui brouille le message et annule les effets des efforts budgétaires faits par l’ensemble des Français. A Bercy, aucune révolution culturelle n’est en cours. Il faut faire des économies ? Certes. Mais le logiciel RGPP, qui n’apporte aucun résultat tangible depuis plus de cinq ans, continue son action sans remise en cause des dogmes qui furent posés à ses débuts : On ne fera pas de réforme de l’état avec les méthodes qui ont conduit Nicolas Sarkozy et François Fillon à l’échec.

Le scrutin des européennes est une nouvelle épreuve annoncée. Il ne faut pas l’éviter ou la minimiser, mais au contraire l’utiliser. Ce sera très difficile de réussir en France sans pouvoir mener une politique en bonne cohérence avec ce qui se décide en Europe.  Le cadre économique et social qui s’impose à toutes et tous est le cadre européen. Mener une politique différente, peser sur les négociations transatlantiques, parachever l’Union bancaire, travailler à la cohérence de nos fiscalités, à un meilleur contrôle démocratique des institutions de l’Union : voilà l’enjeu.

A ceci s’ajoute la crise ukrainienne qui souligne l’importance d’une meilleure intégration politique, militaire, mais aussi d’un débat sur ce que nous voulons à nos frontières, ce que signifie l’élargissement, les intérêts communs que nous avons avec la Russie et qui nous impose de sortir de l’affrontement actuel sans rien lâcher sur nos principes. Si nos faiblesses conduisent à ce que le sort d’un pays européen soit le fruit de tractations entre Washington et Moscou, comme dans les années 50, alors ce n’est pas seulement l’idée d’Europe puissance qui mourra, mais l’idée même d’un continent qui essaye depuis 60 ans de mettre en place un nouveau modèle de coopération régionale pour éviter la guerre et mieux peser sur les enjeux du monde qui sombrera. « Rien sur nous sans nous » c’était le cri des peuples après Yalta. Ce doit être demain le cri de tous les européens en matière politique ou économique. Porter cette parole, agir en cohérence, voilà notre responsabilité.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s