Ukraine: le scenario georgien n’est pas possible

La réaction russe, signifiée samedi par l’accord donné par le Conseil de la Fédération d’intervenir en Ukraine à la révolution ukrainienne est particulièrement inquiétante. Depuis quelques jours, on sentait une volonté de déstabilisation en Crimée, avec la volonté de mettre en place un scénario à la géorgienne, favorisant une partition du pays. Les choses semblent maintenant s’accélérer.

Mais il n’ y a pas de scénario abkhase pour la Crimée. Car l’Ukraine n’est pas la Géorgie. Ce fut une puissance nucléaire qui a obtenu lors de sa dénucléarisation des garanties multilatérales. Si les engagements multilatéraux devait ne pas être tenus, ceci rendrait toute politique visant à lutter contre la prolifération nucléaire non crédible. Aujourd’hui ce qui se passe en Crimée, et donc potentiellemement sur l’ensemble de l’Ukraine ce n’est pas un conflit régional classique, c’est une menace beaucoup plus globale sur la paix.

Ce qui est inquiétant, c’est que contrairement à son habitude sur d’autres terrains comme la Syrie, la diplomatie russe n’agit pas de matière exclusivement rationnelle en Ukraine. Nous l’avions vu lors de la révolution orange. Nous l’avions vu à nouveau à l’été 2013 lorsque les sanctions russes contre l’Ukraine avaient touché l’ensemble de la société ukrainienne, facilitant ensuite la mobilisation de Maïdan. Cela pourrait être à nouveau le cas aujourd »hui.

Alors que nous avons tant d’intérêts communs, de préoccupations complémentaires, l’incapacité de sortir entre la Russie et l’Union européenne d’un climat de guerre froide nous mène à la lisière d’un affrontement qui pourrait avoir de très lourdes conséquences. La réactivité de la Russie, des pays de l’Union européenne et du Conseil de sécurté de l’ONU au cours des prochaines heures sera très importante pour arriver à trouver le moyen de respecter l’intégrité de l’Ukraine et sa capacité à décider de son avenir. Dans le cas contraire, le pire pourrait ne pas être évité.

Vendre à la population russe l’histoire d’une révolution faciste, alors que Maïdan, ce fut une réaction humaniste à un pouvoir d’un autre siécle, vermoulu et mafieu ne tiendra pas longtemps. Moscou le sait. Plutôt que d’envisager la réussite de l’Ukraine, le pouvoir en Russie semble tenté par la politique du pire. La Russie sait aussi que sans « provocation extérieure » l’est de l’Ukraine n’a pas vocation malgré sa proximité culturelle à intégrer la Russie. Le sentiment national existe dans toute l’Ukraine. Face à ce risque de déstabilisation, il est urgent que l’ensemble des européens, de l’atlantique à l’oural, prennent l’engagement de respecter l’intégrité de ce grand pays européen.témoignage

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