En Centrafrique, la sécurité de nos ressortissants a été prise en défaut malgré le déploiement préventif de nos soldats : pourquoi ?

Depuis déjà plusieurs semaines, on savait le régime de François Bozizé menacé par la rébellion armée de la SELEKA (l’Alliance en langue nationale Sango).
C’est déjà sous la pression conjuguée de cette coalition et des états membres de la CEEAC (Communauté Economique des Etats d’Afrique centrale) qu’un accord sur une transition politique avait été trouvé le 11 janvier dernier avec la nomination d’un premier ministre issu des rangs de l’opposition démocratique, Nicolas Tiangaye.
Mais l’absence de volonté de Bozizé à faire fonctionner cet accord a convaincu ses derniers alliés régionaux à le lâcher et à ne plus faire obstacle à la montée des rebelles de la SELEKA sur Bangui.
C’est donc sans rencontrer de véritable résistance que les forces de la SELEKA sont entrées dans la capitale samedi 23 mars, provoquant à la fois un vent de panique parmi les habitants, un véritable collapse des forces loyales au régime déchu et des actes de pillage dans les bâtiments publics, des commerces, des villas où logeaient des expatriés notamment français.
Pourtant, la France avait anticipé cette situation en déployant sur place 550 soldats pour sécuriser l’aéroport et garantir la sécurité de nos ressortissants -1200 personnes en Centrafrique- : force est de constater que ce dispositif n’a pas été efficient pour tenir l’ensemble de ces objectifs.
Si l’Agence pour l’Enseignemet Français à l’étranger (AEFE) et notre Ambassade ont pris la bonne décision en fermant le lycée français Charles-de-Gaulle la veille de l’entrée de la SELEKA dans Bangui, les premiers témoignages que nous recevons de compatriotes rapatriés de Bangui semblent montrer un certain flottement dans le dispositif qui était censé assurer leur sécurité. Pourtant, des patrouilles de l’armée française ont bien circulé dans les rues de Bangui dès la nuit du samedi au dimanche, mais elles n’ont pas été en situation de prévenir toutes les situations de pillage auxquelles a été confrontée une partie de notre communauté.
L’urgence est aujourd’hui à la sécurisation des rues de Bangui par la mise en place de patrouilles conjointes SELEKA / Forces Armées Centrafricaines : cela devrait être rendu possible par le maintien de Nicolas Tiangaye dans sa fonction de premier ministre, assurant de la sorte une certaine continuité dans le fonctionnement de l’appareil d’Etat.
Mais le moment venu, lorsque nous ne serons plus dans un moment où l’urgence dicte sa loi, il faudra analyser les raisons qui ont fait que, malgré le déploiement préventif de nos troupes sur place, certains d’entre eux, invités à rester chez eux, se sont vus spolier de leurs biens, parfois au péril de leur vie.

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