Mon déplacement à Bamako

J’ai effectué la semaine dernière une visite au Mali. Mes principales préoccupations étaient l’état d’esprit de la communauté française et ses conditions de sécurité dans un climat particulièrement tendu et anxiogène depuis le coup d’état militaire de mars 2012 et la prise de contrôle du nord du pays par des forces terroristes d’inspiration islamiste radicale.

La France et le Mali sont liés par une histoire commune, nos communautés respectives sont fortement imbriquées. 6000 Français vivent au Mali dont plus de 50% sont des binationaux.

Jeudi nous avons appris l’avancée des troupes terroristes. Elles prenaient le contrôle de la ville de Konna, se rapprochaient de Mopti, dernière ville avant la capitale, Bamako, et menaçaient l’aéroport de Sévaré qui devait jouer un rôle crucial dans l’intervention internationale en cours de préparation.

L’ambiance à Bamako jeudi devenait d’un coup très lourde, l’inquiétude visible dans les yeux de toutes les personnes que je rencontrais. Les regards se sont tournés de façon insistante vers la France.

La réponse devait être rapide : elle l’a été. Et vu l’urgence de la situation et le péril qui menaçait la capitale, le débat parlementaire sur l’emploi de la force militaire ne pouvait se tenir qu’a postériori.

Pour la France, la décision était rendue compliquée par la présence de nos otages auxquels nous devons penser, en même temps qu’aux troupes engagées et à la première victime française. Mais les risques pour l’Europe de prolifération du terrorisme et des trafics qui le financent, étaient multipliés par la menace de la prise du Mali par les groupes islamistes.

Aujourd’hui, l’attente envers notre pays est immense : il faudra pouvoir y répondre dans la durée, en inscrivant cette intervention dans un cadre réellement multilatéral.

 

Nous devons toutefois garder en mémoire que les opérations militaires au Nord doivent se coordonner au Sud avec une implication nouvelle de coopération économique, pour aider à répondre à la détresse sociale que la crise politique et la guerre ont engendrée, et qui est susceptible de constituer le terreau d’une adhésion à des thèses radicales si l’état malien ne tient pas son rôle.

Il est de notre intérêt de nous impliquer directement : un partage entre les tâches militaires pour la France et la coopération pour les autres pays d’Europe ne saurait être l’option la plus favorable ni à nos intérêts ni à l’efficacité de notre action.

Notre ambassade, soumise à la gestion de cette crise, au besoin de sécurisation de nos dispositifs, ainsi que les Français sur place, témoignent par leur présence de leur engagement pour le retour à une situation sereine. Ils méritent d’être salués.

Beaucoup de Français à Bamako savent bien que pour réussir il faudra s’impliquer sur toutes les facettes de ce dossier pour réussir dans le temps. Nous devons les accompagner.

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