Lettre au Premier ministre: des moyens pour l’AEFE

Monsieur le Premier Ministre,

Vous avez fait de l’éducation une priorité de votre gouvernement et l’annonce de 1000 postes supplémentaires d’enseignants dès la rentrée scolaire prochaine est une excellente nouvelle. A Rome, le vendredi 22 mai, j’ai noté que le Président de la République a précisé que « L’éducation sera une priorité de mon quinquennat et donc aussi l’éducation pour les Français à l’étranger ». Il s’agit maintenant donc, en particulier, de prendre en compte la situation spécifique de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’étranger (AEFE) sous tutelle du Ministère des Affaires étrangères.

En 2002, les établissements en gestion directe et conventionnés de l’AEFE à l’étranger accueillaient 158 866 élèves (dont 68 597 Français) pour 6150 personnels titulaires de l’Education nationale.

En 2012, ces mêmes écoles accueillent 177 382 élèves (dont 86 173 Français) pour 6490 personnels titulaires de l’Education nationale. La progression de 340 enseignants pour plus de 18 500 élèves complémentaires est très insuffisante. Et pourtant en 2002, nous étions en deçà du taux d’encadrement nécessaire même si nous avions bénéficié d’une augmentation sensible durant les 5 années du gouvernement de Lionel Jospin avec 150 ETP affectés dans les écoles de l’AEFE entre 1998 et 2002.

Il est indispensable de lever le plafond d’emploi d’enseignants titulaire qui s’applique à l’AEFE. Depuis plusieurs années, la croissance des effectifs d’élèves de nos établissements n’est pas accompagnée par une évolution du nombre d’enseignants titulaires. Aussi la question de la capacité du réseau à pérenniser la qualité de son enseignement est posée. Cette évolution remet en cause la capacité de l’AEFE à assurer sa mission de service publique envers les familles françaises, mais aussi à assurer dans de bonnes conditions son rôle d’ambassadeur de notre système d’éducation, ce qui est essentiel pour ensuite attirer des étudiants étrangers dans notre enseignement supérieur.

Ce désengagement de l’Etat dans la mise à disposition d’enseignants, le financement de leur rémunération et les investissements immobiliers nécessaires pour entretenir et développer nos écoles sont les causes principales des hausses de frais de scolarité qui pèsent chaque année plus lourd sur l’enveloppe des bourses scolaires du programme 151.

L’Agence pour l’Enseignement Français à l’étranger, bien que sous tutelle du Ministère des Affaires étrangères, ne peut être écartée des efforts faits au niveau national dans le cadre de la priorité donnée à l’éducation. Des réformes doivent être engagées pour lui permettre de tenir mieux ses missions. Mais une décision lui permettant de bénéficier aussi de l’augmentation des nouveaux emplois d’enseignants titulaires prévus et la suppression du plafond d’emploi titulaire qui frappe l’AEFE depuis des années sont indispensables pour intégrer les établissements français à l’étranger et les Français de l’étranger à la priorité à l’éducation annoncée par votre gouvernement.

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