Actions de coopération et de défense en Coatie, Hongrie et Bosnie Herzégovine

Courrier adressé à Alain Juppé le 13 avril 2012

Monsieur le Ministre,

Nous souhaitons appeler votre particulière attention sur le soutien de la Direction de la coopération de sécurité et de défense de votre ministère pour les mises à disposition de policiers français sur la côte croate et le Festival de Sziget à Budapest.

Si ces deux actions ont été, dans le passé, traitées pour la côte croate par la DCSD et le festival de Sziget par le ministère de l’intérieur, le résultat est le même : la France mettait à disposition des policiers.

Dans le cas de la Croatie cette action est extrêmement importante à plusieurs points de vue:

  • un vrai travail de collaboration et de formation de la police locale ;
  • un réel besoin vu le nombre de touristes français présents sur la côte dalmate pendant l’été entre Dubrovnik et Split ;
  • la France a été à l’initiative de cette action qui maintenant a été imitée par la Hongrie, Slovénie, Autriche, Allemagne, République Tchèque, Italie et Slovaquie qui mettent aussi des policiers en été à disposition ;
  • Les policiers français sont logés et nourris par les croates et donc le coût total de l’opération est environ 2000 EUR pour le budget de l’Etat ;
  • le poste et l’attaché de sécurité intérieur sont prêts à sacrifier d’autres programmes pour garder celui-là qu’ils considèrent comme une action phare ;
  • Il est intéressant de noter qu’il n’y a pas de consuls honoraires dans cette région de Croatie et que l’ambassade se trouve à près de 400 km de là ;
  • La mission qui est intense est cependant appréciée par les policiers car un de ceux présents l’an dernier a récemment contacté l’ambassade pour se porter volontaire. Les candidats volontaires parlant serbo-croate ne manquent pas.

Nous pensons qu’une action urgente est nécessaire car d’ici le 11 mai une décision doit être prise.

Pour le festival de Sziget, le ministère de l’Intérieur était compétent et là-aussi, le besoin est évident. Dans une semaine vont arriver près d’un million de jeunes à Budapest pour ce festival.  Une présence policière est indispensable pour assister les Hongrois.

Par ailleurs, il semblerait que sur la Bosnie-Herzégovine, la DCSD envisage également de mettre fin à la mise à disposition d’un expert français sur le déminage alors que le maintien de cet expert d’ici 2014 est aussi essentiel. 2014 étant la date estimée d’entrée de ce pays dans l’OTAN. Le pays a d’ailleurs envoyé une demande officielle à la France pour demander le maintien du poste jusqu’à cette date.

Au regard du faible coût financier, nous vous demandons de bien vouloir réexaminer la participation de la France aux côtés de nos partenaires européens.

Jean-Yves Leconte              Hélène Conway-Mouret

 

Réponse du ministre le 3 mai 2012

Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur,

Je vous remercie de votre lettre du 13 avril par laquelle vous avez appelé mon attention sur la mise en œuvre de certaines actions de coopération de sécurité et de défense dans  trois pays d’Europe centrale et balkanique.

Vous évoquez en premier lieu la mise à disposition temporaire de policiers français en Croatie et en Hongrie. Si mes services ont pu financer la première de ces deux actions de coopération par le passé, il ne peut plus en aller de même depuis qu’ont été clairement délimités les domaines d’intervention respectifs du ministère de l’Intérieur et du ministère des Affaires étrangères et européennes en matière de coopération  de sécurité. Au premier d’entre eux revient la coopération opérationnelle, qui vise à aider des partenaires étrangers à gérer le volet sécuritaire d’évènements ponctuels, et au second la coopération technique ou structurelle, qui consiste à transférer notre savoir-faire en vue de favoriser la modernisation ou la retsructuration des services de sécurité de nos partenaires par la mise en oeuvre de formations qui s’inscrivent dans la durée.

Les actions que vous citez en Croatie et en Hongrie relèvent clairement du domaine opérationnel et du ministère de l’Intérieur. Nos postes diplomatiques dans ces deux pays ont donc été invités à solliciter d’autres sources de financement, sur place ou en France.

En ce qui concerne notre expert en déminage, en poste en Bosnie-Herzégovine, nous envisagions au départ de fermer à l’été 2012 ce poste ouvert en 2009, mais nous avons décidé de maintenir pendant un an supplémentaire pour la raison même que vous évoquez dans votre lettre.

Cette décision, prise conjointement avec le ministère de la défense de Bosnie-Herzégovine, résulte du constat des progrès effectués par l’Ecole de déminage de Rajlovac en matière de formation. cette école est déjà capable de former des démineurs étrangers et pourra bientôt se porter candidate pour un label « OTAN » en matière de déminage humanitaire. Nous pouvons donc d’ores et déjà prévoir  que la mission de notre expert sera pleinement accomplie dans un peu plus d’un an, au moment où il aura transféré son savoir-faire dans de bonnes conditions, et où la partie locale se le sera parfaitement approprié, ce qui est l’objectif que nous poursuivons à travers la mise en œuvre de nos actions de coopération structurelle dans le domaine de la sécurité et de la défense.

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