Retrouver la France

Le moment de la victoire est arrivé. Nous l’avons tant voulu. Tant attendu. Nous avions élaboré tant de stratégies pour y parvenir.

Moment de fierté et de bonheur de voir notre pays confirmer ses valeurs républicaines et humanistes qui auront été maintes fois piétinées au cours des dernières années.

Moment de cohérence quand, face à une crise qui enfonce notre continent dans un avenir de plus en plus noir, une majorité choisit de s’attaquer aux causes du mal plutôt que de s’en remettre à l’autisme ou aux soins palliatifs. « Penser le changement plutôt que de changer le pansement ». Quand Francis Blanche rencontre François Hollande, l’humour passe à l’action.

Moment de responsabilité  lorsque l’on mesure l’enjeu d’une arrivée au pouvoir pour redonner du sens à l’action publique, lorsque celle-ci, étranglée par l’austérité, laisse aujourd’hui chaque femme, chaque homme seul face à la crise, face à ses engagements.

Moment de responsabilité lorsque l’on mesure à l’aune des attentes exprimées, le devoir de réussite qui s’impose à nous. Il en va de la crédibilité de nos valeurs républicaines, de la démocratie.

Tout ceci, nous le savions déjà en nous lançant dans cette campagne. Et cela nous a donné la force d’aller et de convaincre. Et nous continuerons car il faut maintenant accompagner l’arrivée de François Hollande à l’Elysée par une large majorité de gauche, condition nécessaire pour mettre en œuvre une autre politique.

L’impérative nécessité de prendre appui sur le vote des Français, sur le vote grec, sur les attentes des peuples européens pour donner à l’Europe une nouvelle direction économique et sociale, une nouvelle gouvernance moins intergouvernementale est confirmée. Une Europe pour le peuple et part le peuple. Cela semble aujourd’hui  un impératif absolu. Nous en avions la conviction avant le scrutin. Notre joie c’est qu’une majorité confirme aujourd’hui ces orientations.

Le score du Front National au premier tour, autant que celui de Nicolas Sarkozy en raison du ton de sa campagne de second tour, révèle une société malade. Une société dont le vivre ensemble est profondément atteint. La France est une république. C’est une société pluriculturelle, issue de notre histoire, de nos valeurs et aussi  – ne l’oublions pas – de nos amours. Que cette conviction apparaisse si peu partagée à la suite de ce vote est un danger mortel. Le résultat du FN, comme celui de Nicolas Sarkozy au second tour, nous impose un devoir de reconquête de la République. Dans les faits. Dans les esprits.

La France n’est pas une nostalgie. C’est un projet. Mieux, une promesse. Une promesse née de 1789, entre citoyens qui partagent un même destin, de construire une communauté de dessein, une nation. Stigmatiser, c’est exclure. Refuser de partager des valeurs communes, c’est désintégrer l’ensemble de la république.  Nous n’avons rien à craindre de l’immigration si l’intégration fonctionne. Comme outil d’intégration, comme symbole d’une nouvelle époque et de la rupture avec les dernières années, le droit de vote des étrangers aux élections locales doit aussi vite que possible être mis en œuvre.

Soyons conscient que nous devons sur cette question être à l’offensive. Français de l’étranger, immigrés dans nos pays de résidence, nous avons un rôle tout particulier à prendre dans cette phase nouvelle où la France doit se réconcilier avec elle-même.

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