Question d’actualité : Avenir de l’Europe

La politique du gouvernement face à la crise

posée le  1er décembre 2011 au Ministre des Finances.

Monsieur le Président, Monsieur le Ministre des Finances, mes chers collègues,

9 juillet 2007. Nicolas Sarkozy, s’invite au conseil des ministres des finances de l’Union européenne. Son objectif ? Obtenir une application « intelligente et dynamique du pacte de stabilité ». En d’autres termes, creuser le déficit au-delà de ce que permettent les traités européens.

Cette recherche de complaisance arrange beaucoup de gouvernements, dont celui de M. Caramanlis, le premier ministre grec qui allait bientôt laisser son pays dans l’état que l’on sait : Petits arrangements entre complices.

Le nouveau président revient à Paris et met en place sa politique. Un axe majeur : libérer les plus fortunés d’une bonne partie de leurs obligations fiscales, affaiblissant significativement les recettes de l’Etat, aggravant les déficits.

M. Sarkozy veut maintenant nous parler d’une pseudo « règle d’or ».

Mais M. Sarkozy a toujours pratiqué la gestion de plomb : 10 points de dette rapportés au PIB lorsqu’il était ministre du Budget de M. Balladur, 1,5 point lorsqu’il était ministre des Finances de Dominique de Villepin. Plus de 20 points en 5 ans à l’Elysée. A lui seul, M. Sarkozy porte la responsabilité de près de 40% de l’endettement du pays !

Rappelons que depuis plus de 15 ans, seul le gouvernement de Lionel Jospin a désendetté la France.

Avril 2010. Le nouveau gouvernement grec découvre l’ampleur du gouffre. Les déficits sont réévalués. Une première demande d’aide à la communauté internationale est formulée.

La réaction de M. Sarkozy est-elle d’aider la Grèce ? Pas vraiment. Sa préoccupation ? Faire en sorte que la Grèce honore tous ses engagements auprès des banques, même lorsque les prêts sont consentis à des taux inacceptables et prennent en compte un risque de défaut du pays.

Pendant 18 mois et alors que la pression se fait de plus en plus forte, le gouvernement français ne prend pas la mesure des choses. Sa position ? Ne pas hésiter à endetter les contribuables européens pour s’assurer que la Grèce ne fasse pas défaut auprès des banques.

En défendant les intérêts des banques, en tenant un discours opposant la zone Euro et le reste de l’Union européenne, en refusant la mise en place d’une gouvernance plus démocratique de l’Euro au profit d’un directoire avec Angela Merkel, le gouvernement a provoqué un tsunami qui peut aujourd’hui emporter l’ensemble de l’Union européenne.

Aucune solution ne saurait être viable sans un renforcement du contrôle démocratique sur les politiques économiques, budgétaires et fiscales qui doivent aujourd’hui être d’avantage mutualisées, et ceci dans l’ensemble de l’Union européenne.

Responsabilité, solidarité, nouvelle gouvernance, voila ce qui devrait guider l’action du gouvernement. Or l’austérité que vous prônez n’est pas une politique, juste une posture face aux marchés.

Face à la faillite qui s’annonce, allez-vous, M. le Ministre, mettre le peuple français sous tutelle, conduisant Mme Merkel à définir par effraction notre politique en acceptant sous la contrainte des engagements au sein du prochain conseil européen qui préempterait le grand débat démocratique attendu par tous nos concitoyens en 2012 ? Le gouvernement serait-il à ce point saisi de panique sur les conséquences de sa propre politique ?

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