FFE, Parti Socialiste, 10 rue de Solférino

L’annonce que la Direction nationale souhaite voir reporter le vote militant pour les désignations législatives, tout en indiquant que certaines circonscriptions pourraient être « réservées » sans vote des militants nous choque tous.

 De la part du National, c’est une remise en cause des engagements pris devant la Fédération en Aout dernier lors de la convention fédérale.

 « Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent », disait Pasqua. La politique étant parfois cynique, il arrive que l’adage du sénateur des Hauts-de-Seine se vérifie… Il n’est toutefois pas interdit de vouloir, dans cette tempête, continuer à faire de la politique autrement. A la veille d’une convention sur la rénovation, ce ne serait pas tout à fait superflu.

 Avant même cette annonce, commençant depuis peu à rencontrer quelques sections pour débattre et présenter ma candidature aux élections sénatoriales, il m’était possible de ressentir, comme sur ce forum, une inquiétude dans les sections sur le processus mis en place par la Fédération. Processus mis en place sans l’aval écrit final de la direction nationale, pour choisir les candidats aux élections législatives. Mais processus mis en place en transparence avec la direction nationale.

 Comment tenter d’interpréter tout ceci ?

 Le National pense que le résultat législatif dépendra de ce qui se passera à la présidentielle. Donc il ne veut pas aller trop vite. Au delà même de la tentation du parachute de responsables nationaux en manque d’implantation locale, il sait qu’il aura besoin de grain à moudre pour négocier avec les partenaires de la gauche des circonscriptions dans la perspective des législatives. Il pense aussi que les circonscriptions gagnables sont celles où la gauche a été majoritaire en 2007 lors du second tour du scrutin présidentiel.

 C’est faire peu de cas de l’évolution du contexte en 5 ans, de l’implantation militante socialiste et des résultats des élections « locales » à l’étranger que sont les élections à l’AFE, qui ne recoupent pas tout à fait les résultats du second tours de l’élection présidentielle, mais sont capables de jouer sur un scrutin qui aura, malgré la taille des circonscriptions, un caractère un peu plus local qu’une présidentielle.

 La FFE considère que c’est l’implantation locale et le travail de terrain qui compte. Elle doit donc choisir rapidement des candidats pour qu’ils aient le temps de s’implanter le mieux possible. C’est logique, c’est son boulot. Si la FFE et ses militants ne s’y préparaient pas maintenant, personne ne le fera et les élections législatives de 2012 à l’étranger seront perdues.

 On est donc dans une opposition classique « haut » contre « bas », chacun pensant que ce qu’il fait est essentiel. Et il faut bien reconnaître que chacun a partiellement raison.

 Après les régionales, il est normal que le National ne souhaite immédiatement investir tout ce qui sortira de nos urnes fédérales. Comment pourrait-on lui demander de faire totalement une croix sur 11 nouvelles circonscriptions à l’occasion des négociations qui ne manqueront pas d’avoir lieu avec nos partenaires de gauche ? C’est logique. Il en va de notre capacité à gagner au niveau national.

 La FFE estime, fort logiquement, que 2 années de travail de terrain du candidat seraient une bonne préparation. Que présenter des candidats issus du terrain, ayant le soutien des militants devrait être notre marque de fabrique face à une UMP qui parachutera ses « losers nationaux », en mal d’implantation locale ou grillés là où ils étaient élus auparavant (Dominique Paillé, Philippe Douste-Blazy…). Et qu’il ne serait pas souhaitable que chez nous, il puisse y avoir des candidatures parachutées à la dernière heure et de même acabit que les vedettes de l’UMP citées précédemment. Cette position, d’ailleurs, n’est pas une position hostile aux candidatures venues d’ailleurs, dès  lors qu’elles se soumettent au vote des militants. Militants qui auront ensuite à faire campagne pour le candidat désigné…

 Notre faiblesse aujourd’hui est liée au climat de concurrence entre les candidatures qui se sont exprimées. Même si ce n’est pas le meilleur moment pour notre Fédération pour défendre unie devant la direction nationale, nous devons trouver ensemble la force de défendre :

 –          le droit de chaque militant à participer à la désignation des candidats socialistes aux législatives,

–          l’importance d’un travail de terrain spécifique,

–          le droit de la FFE à disposer d’engagement écrits et précis du National permettant de respecter les principes précédant tout en inscrivant la FFE en cohérence avec le dispositif global de la gauche à l’étranger, c’est à dire en particuliers de nos alliances.

 AU delà de ceci, arrivent deux nouvelles préoccupations :

 –          Comment éviter les parachutages brutaux et difficiles que nous annoncent certains bruits de couloirs ?

–          Comment protéger les candidats, qui sont -déjà souvent depuis longtemps- en campagne pour l’investiture ? Ne refaisons par 2006/2007. N’épuisons pas nos qualités et nos arguments dans les primaires internes. Aller au combat législatif face à la droite, préparer le terrain pour cela, ne doit pas vouloir dire faire des sacrifices sans limites dans la vie privée et professionnelle durant plus de deux années.

L’action de la puissance publique française à l’étranger perd actuellement son sens et ses moyens. C’est aujourd’hui la cohésion de la Communauté nationale vivant à l’étranger qui est en cause. Nous ne pouvons nous permettre, sans agir, d’attendre que le salut électoral vienne de Solferino pour les Français de l’étranger en restant docile et soumis.

Il ne s’agit pas de faire dissidence, mais d’arriver à faire entendre notre voix au sein de l’ensemble du Parti. De même nous pouvons apporter beaucoup aux réflexions du Parti sur des sujets essentiels et globaux. Le travail animé par Cédric Fouillant et Boris Faure sur les migrations est un exemple.

Souvenons-nous aussi que le projet de primaires ouvertes que nous avions reçu de la part d’Arnaud Montebourg ne prévoyait pas l’organisation à l’étranger de primaires ouvertes pour l’élection présidentielle. Nous avions alors protesté, et lors de la convention fédérale d’Aout 2009, nous avions été rassurés. Mais que vaut cet engagement oral pris par la Direction nationale, simultanément à celui de nous permettre d’organiser les vote d’investitures législatives à la mi-2010, mais que le National n’a pas pour l’instant ratifié ?

Ces primaires ouvertes seraient pourtant essentielles pour le développement de nos implantations à l’étranger, en particuliers avant les législatives. Nous devons, sur ce point aussi, obtenir des assurances, maintenant, de la part du National.

 Restons résolus à tout faire pour les militants puissent s’exprimer sur le choix des candidatures socialistes dans les 11 circonscriptions électorales législatives. Un accord sur les dates et les conditions avec le national est essentiel, car nous faisons parti d’un ensemble et c’est le Parti dans son ensemble qui donne le sens à notre engagement. Mais un accord c’est la conclusion d’une discussion, pas l’enregistrement d’une décision venue du haut.

Malgré l’émulation des campagnes internes, et les concurrences légitimes qu’elles font naître, la FFE doit trouver la force et l’unité pour y parvenir.

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