Slovaquie-Hongrie

Je profite du message de Sandrine pour souligner que notre notion de « Français de l’étranger » n’a rien à voir avec celle que certains pays d’Europe centrale ont vis à vis de leur diaspora dont une partie ne s’est pas déplacée, mais a vu les frontières de leur pays leur « passer au dessus de la tête » à l’occasion d’un redécoupage de frontière en particuliers lors de la fin de la première guerre mondiale ou lors de la fin de la seconde guerre mondiale. Des situations de ce genre se retrouvent aussi dans l’ex-Yougoslavie ou dans l’ex-URSS. 

Ainsi par exemple des personnes de culture Hongroise se sont retrouvées, par la grâce du traité de Trianon, de citoyenneté slovaque, roumaine… Mais restant d’abord attaché au pays de leur culture, plutôt qu’à leur pays de résidence. L’un des débats actuels est la portée politique qu’aurait une systématisation de la reconnaissance de la nationalité du « pays d’origine » par le pays d’origine, ce qui conduirait la minorité de tel ou tel pays à disposer formellement d’une double nationalité. Avec quelques conséquences politiques compliquées, lorsque ces minorités nationales sont majoritaires dans telle ou telle commune… 

On peut aussi indiquer que dans la plupart des cas, ces minorités ont officiellement la citoyenneté de leur pays de résidence, mais ne se considèrent pas tout à fait comme faisant partie de la nation dont ils ont la citoyenneté. Ils constituent souvent dans leur pays de résidence une représentation politique spécifique qui a tendance à monnayer son soutien aux gouvernements dont les coalitions sont fragiles. Ceci apporte à ces minorités un certains nombre d’avantages, dont le reste de la population est jaloux, ce qui conduit en retour à certaines réaction extrémistes et nationalistes.

 Concernant la situation en Slovaquie, j’ira un peu plus loin que Sandrine car l’emploi des langues minoritaires est plus qu’encadré. Et il ne s’agit pas d’une mesure de défense de la langue slovaque face à un magyar menaçant. L’ usage du Hongrois dans certaines occasion, en particuliers les relations avec les services officiels et para officiel est interdit et est susceptible de sanctions financières très lourdes. Des interdictions de drapeaux étrangers lors des compétitions sportives sont aussi en débat. Nous n’avons pas intérêt, je crois, à qualifier ce que fait le smer de simples « dispositions » visant à défendre une langue menacée, car cela préparerait la réintégration d’Eric Besson via le PSE et son débat sur l’identité nationale avec !

 Il faut ajouter que le Smer Slovaque, membre du PSE, est en coalition avec l’extrême droite en Slovaquie. En Hongrie le MSzP (Membre du PSE) est au gouvernement vit depuis 3 ans une sorte de crise politique larvée. Une crise économique et financière frappe ce pays depuis 2006. L’image du MSzP a pâtit de la manière avec laquelle il a gagné les élections de 2006, puisque dans la foulée le premier ministre a reconnu devant le Conseil de son Parti avoir les élections en mentant, car en réalité la situation financière du pays était catastrophique. Depuis la crédibilité du MSzP est quasi-nulle et le débat se porte de plus en plus à l’extrême droite de l’échiquier politique. L’extrême droite hongroise ferait passer le FN français pour de joyeux centristes. La violence et la haine xénophobe, antisémite véhiculée par les discours nationalistes est impressionnante dans ce pays. Et les extrémistes peuvent passer à l’acte physiquement. On aurait tord d’éviter de regarder les conséquences de la crise économique en Hongrie sur la montée politique de l’extrême droite.  Ni de considérer ceci comme négligeable. Ni de tout faire pour éviter de mettre de l’huile sur le feu, ce qu’à l’évidence, le Smer n’hésite pas à faire.

 Dans ce contexte, avec en complément un président Hongrois à qui il ne déplaît pas de jouer les provocateurs (Son entrée en Slovaquie a été interdit par les autorités Slovaques il y a quelques mois), il est vrai que l’attitude du gouvernement slovaque envers la langue hongroise n’aide pas un gouvernement hongrois qui, dans une situation politique compliquée, est soutenu par les seules forces politiques hongroises qui ne poussent pas à la surenchère nationaliste.

 Franchement, je comprend la volonté du PSE d’être présent dans l’ensemble des pays de l’Union. Mais ce qu’a accepté le PSE à Prague envers le Smer, Parti assez talentueux au plan électoral, ce qui est rare actuellement au PSE, obère la crédibilité du PSE sur son discours sur la reconnaissance des minorités, la xénophobie, la tolérance, les nationalismes. Dans son état, il n’avait pas besoin de cela.

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