La rénovation par la primaire à gauche.

Parfois, il faut accepter de se retrouver dans une majorité plus large pour arriver à peser sur le cours des évènements. C’est ainsi que nous pouvons saluer la performance d’Arnaud Montebourg, qui, avec Olivier Ferrand, a conduit les travaux de la commission qui a remis un rapport qui sort de notre ordinaire. Rapport très clairement inspiré des aspirations qui portaient NPS, il y a maintenant 6 ans, et de l’idée d’une primaire ouverte exprimée dès après les scrutins de 2007. Diagnostic et proposition : cela va dans le bon sens. Oui, mais…

 Le PS et la gauche.

 Ce qui pouvait encore il y a quelques mois passer pour une ouverture indéniable du parti (alors) majoritaire à gauche, peut passer aujourd’hui pour une tentative de récupération de l’ensemble du vote de gauche. Aussi, si l’initiative vient de nous, il est essentiel que les forces politiques qui accepteraient de rentrer dans ce processus puisse en être co-organisatrices. Bien qu’évoqué dans le rapport, ce n’est sans doute pas assez clairement exprimé.

 Le texte prévoit que les partenaires dans l’organisation des primaires ne peuvent être que des partis politiques. Pourquoi se limiter à cela ? Ne pourrait-on pas avoir comme co-organisateur de la primaire un syndicat ou une association qui estimerait important de se joindre à ce processus ? Le système de parrainage évoqué permet d’ouvrir le processus, avec suffisamment de garanties.

 Présidentialisation ?

 Certains s’opposaient aux primaires ouvertes au nom de la  présidentialisation qu’elles consacreraient : Nous choisisserions un homme ou une femme plutôt qu’un programme. D’autres au contraire indiquaient que, libéré du poids de la question présidentielle, le PS pourrait alors mieux se concentrer sur son programme et sa campagne législative.

 En réalité les deux menaces existent. Tout va dépendre de la méthode.

 D’abord l’élection présidentielle ne doit pas faire oublier au PS qu’il doit en parallèle conduire une campagne législative. Ne reproduisons pas 2002 ou 2007 ! Pour les élections législatives il faut d’abord une proposition politique cohérente et une alliance à vocation majoritaire. Ainsi, si nous conduisons la primaire et la préparation des législatives exactement et exclusivement avec les mêmes organisations politiques, avec un leader unique, selon une procédure unique, même si c’est la meilleure, nous validerons la présidentialisation complète de notre système politique. Ce qui est pour nous contre nature et risque de nous faire à nouveau perdre.

 S’il est légitime de préparer exclusivement avec des partis politiques une campagne législative, sur un socle qui permet de dégager un programme commun, il serait important d’élargir le cercle du choix du candidat à la présidentielle à d’autres forces de gauche que les seules forces politiques constituées. « L’assiette » d’une campagne présidentielle réussie va bien au-delà des appareils politiques d’où, là encore, ma proposition d’ouvrir aux associations et syndicats la primaire. C’est essentiel à la crédibilité du processus, mais plus encore, à sa signification institutionnelle.

 Conditions techniques de réalisation et chance pour la FFE

 Lorsque l’on voit qu’il est inscrit dans le rapport que « Les Français de l’étranger votent dans leur commune de rattachement » (§20), alors que 59% des Français inscrits à l’étranger à l’étranger sur les listes électorales n’ont pas d’inscription en France, le PS fait une fois de plus une croix sur 900 000 électeurs…. Si ceci n’est pas revu, c’est un mauvais coup, pour ne pas dire un coup fatal, pour nos 11 candidates et candidats aux élections législatives, car les sympathisants de gauche vont perdre une belle occasion de mobilisation à l’étranger. Ces primaires ouvertes pourraient être un moment stratégique unique pour la campagne de nos candidat(e)s députés….

 Là où nous avons, nous ou les autres organisateurs de la primaire, des forces militantes ou sympathisantes identifiées capable d’organiser un vote à l’étranger, il devrait être possible de le faire. Et rien de doit l’empêcher. Toutefois, vu la nature ouverte de la primaire, la notion de sympathisant pose problème pour arriver à mettre en place un vote électronique avec un minimum de contrôle. Car dans un pays donné, qui aurait droit au vote électronique ? Juste les membres encartés d’un parti ? Plus, mais comment vérifier ? Il est claire qu’ici, notre FFE, avec ses nombreux isolés doit s’empresser de trouver une solution  à cette équation, qui n’est pas simple.

 Ce rapport est une bouffée d’air frais qui mérite d’être approfondie et confirmée. Pour nous, FFE, il est impératif de suggérer les options qui nous semblent les plus adéquates pour que le maximum de Français de l’étranger y participent dans leur pays de résidence, créant ainsi un événement essentiel dans la mobilisation en vue des élections législatives.

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