De l’intérêt du PSE

La question est essentielle.
Il ne s’agit pas de s’inscrire en reniement des acquis de la construction
européenne ou de crier « aux trotskystes » comme d’autres crient « au loup »,
mais de tenir compte des interrogations légitimes auxquelles nous n’avons
pas su répondre jusqu’à présent.

Ces questions sur le sens de la construction européenne, sur la politique
qui peut être menée en Europe, sur la manière de construire une Europe qui
protége plutôt qu’une Europe vecteur de la dérégulation, elles sont posées
depuis le référendum de 2005. Faute d’y avoir apporté des réponses concrètes
et convaincantes à ce moment là, nous payons aujourd’hui l’absence de
progrès de l’Europe politique, conséquence directe du refus du Traité
constitutionnel. Et comme nous sommes en démocratie, il nous faut
convaincre…

Le PS a-t-il évolué depuis ? Peut-être. Mais à l’évidence nous n’avons pas
réussi à convaincre le PSE. Entre le soutien de certains des partis membres
du PSE à Baroso au nouvel « accord technique » avec le PPE qui se profile au
sein du prochain parlement pour permettre à Martin Schultz de devenir
Président du Parlement la « ligne politique » du PSE et ses méthodes n’ont pas
changé.

Le PS français s’est-il donné le moyen de convaincre ses partenaires depuis
2005 ? A l’évidence non. 2007 : Plusieurs des députés européens socialistes
français préfèrent quitter le Parlement européen pour se lancer aux
législatives. 2009 : Le PS remets sur ses listes ses caciques solfériniens,
recordmens de l’abstention à Strasbourg et à Bruxelles, plutôt que ceux qui
se sont engagés totalement dans leurs mandats européens et sont respectés
pour cela : Ce sont eux qui ne se voient pas renouvelés ! Comment alors
s’étonner que nous ne soyons pas pris aux sérieux ? Si nous avons la
prétention de peser sur les positions du PSE, donnons nous au moins les
moyens d’être influent au PSE et au Parlement européen !

Je suis certain que nous sommes nombreux aujourd’hui à ressentir une grande
frustration. Nos convictions, celles qui nous rassemblent et nous inspirent,
qui portent l’intérêt général, la défense des droits humains et
l’émancipation de chacun comme des objectifs essentiels qui doivent être
conduits par la démocratie et pas comme la résultante éventuelle du
laisser-faire sont plus que jamais confirmées par la réalité. Cette réalité
est aujourd’hui douloureuse pour beaucoup et il conviendrait donc que nous
puissions être à la hauteur du moment en offrant un cadre général de
lecture. Car il ne s’agit pas juste d’une crise économique ou financière,
mais d’une crise politique ou nous payons la démission de l’État,
l’affaiblissement du rôle du politique, l’oubli du rôle de l’homme et de son
environnement dans le système économique et social. Si les Socialistes,
aujourd’hui ne portent pas cette vision, ce sont d’autres chemins qui
s’imposeront : Populisme, Nationalisme, gestion sécuritaire de la crise
sociale…

Serait-il sérieux de se replier sur nos convictions, de renoncer à
poursuivre le combat politique avec ceux qui nous sont – malgré tout – les
plus proches dans chaque pays européens (et qui sont comme nous, à la
recherche de solution pour l’avenir), au regard du manque d’engagement et de
constance de notre Parti sur l’Europe au cours des dernières années ? Je
crois qu’une démarche de cette nature ne pourrait pas être productive si
elle se faisait aujourd’hui, sur un coup de colère.

Elle affaiblirait notre conviction qu’une part importante de la solution aux
difficultés actuelles passent par une Europe plus démocratique et plus
sociale. Qu’il n’y aura jamais d’Europe plus sociale si nous ne nous
construisons pas dans une Europe plus démocratique, c’est à dire – osons un
mot qui n’est plus à la mode – une véritable Europe fédérale.

Défendant aujourd’hui en France, durant cette campagne, nos positions sur
(1) le refus d’une commission si peu en phase avec les enjeux du moment (2)
un PSE qui souhaite renoncer aux accord technique de co-gestion du parlement
pour son rôle politique et celui de l’Europe. Si nous savons faire preuve de
constance, c’est ainsi que nous pourrons installer de nouveaux rapports de
forces, de nouveaux arguments pour faire évoluer le PSE. Et faire enfin de
la politique en Europe.

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