Géorgie, l’implacable réponse russe

Ce qui se passe c’est l’implacable réponse russe à l’action de l’OTAN au Kosovo et à la reconnaissance de l’indépendance de celui-ci, au début de l’année, par la plupart des membres de l’Alliance atlantique : Un viol du droit international en entraîne, malheureusement mais assez logiquement, un autre. Dès lors que les intérêts nationaux de nombreux pays étaient mêlés, il fallait gérer l’ensemble d’un coup pour ménager au mieux les susceptibilités de chacun. C’est ce que nous n’avons pas voulu faire.

Ajoutons que la Communauté internationale (occidentale) a laissé passer (pour ne pas dire encourager) au début de l’année une réélection du président Saakhatchvili pourtant très contestable, tant elle était due à des fraudes et aux votes (multiples) des réfugiés géorgiens d’Ossétie et d’Abkhazie. Pour avoir été observateur lors de ces élections, l’attitude de l’OSCE, favorable à Saakatchvili, ne correspondait pas à la réalité du terrain. Peut-être aurait-il été élu éventuellement au second tour, mais certainement pas au premier. 

Ces erreurs étant faites, le cadre était malheureusement dessiné pour un nouvel affrontement où ce sont les Géorgiens qui vont payer un lourd tribu aux erreurs d’évaluation des « occidentaux »  :  Les jeunes, qui partent actuellement en guerre, mobilisés ou volontaires, les familles déchirées, les victimes des bombardements… et pour tous la crainte du retour des années noires de la guerre civile d’après l’indépendance au début des années 90.

A ceux qui en doutaient, cela montre qu’il est urgent que l’Union européenne se dote d’une politique étrangère qui défende ses propres intérêts. Qui ne soit ni un supplétif à la politique américaine, comme nous le sommes en Iran, ni simplement dictée par la naïveté et nos intérêts commerciaux à court terme avec la Russie.

Ce qui se passe aujourd’hui en Géorgie aura des implications sur toute la zone. Au-delà de ce qu’évoque Louis, je pense ici potentiellement à deux régions :

1./  La relation Ukraine-Russie. Il n’est pas sûr que l’Ukraine ne prenne pas des mesures de rétorsion sur la flotte de la mer Noire qui assure aujourd’hui le blocage maritime de la Géorgie (Sa base est à Sébastopol, en Ukraine). Entraînant alors des tensions potentielles sur la Crimée,

2./ Après la déstabilisation de la Géorgie, importante en termes de transit énergétique, la place de l’Iran dans la politique extérieure des Etats-Unis deviendra encore plus centrale. Avec les risques politique et militaire que cela suppose.

 Vous avez dit trêve olympique ? Voici tout les conflits larvés d’une grande région qui menacent aujourd’hui d’exploser.

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